L'importance des mauvais livres dans la formation d'un écrivain est devenue patente. A tel point que je parviens à écrire une phrase bien lourde, comme celle qui précède. Ce n'est pas rien. Cette lecture d'ouvrages moindres demande autant de possibilités que les autres lectures. Mais, parfois, le choix d'un "état de lecure" plutôt qu'un autre peut devenir fécond; formateur et tout ce qui s'ensuit. sinon formatant.
Il plaît à ma fantaisie de délaisser la lecture fervente, la lecture croustillante ou la lecture appliquée pour choisir la lecture spongieuse. Celle qui permet d'avancer par l'équanimité. Et j'y apprend beaucoucoup de choses, autant que par la prononciation de texts d'horreur ou obscènes recto-tono ou psalmodiée. Il faut se transformer en éponge. devenir porifera.
Il s'agit, par moments, de lire en absorbant avec un silence de la raison, un terrassement des affects, une absence du jugement. S'imprégner sans rien d'autre. Se rsans déguster. Ce n'est pas désagréable.
Brillat-Savarin déclara un jour qu'il savourait son repas assis dans son salon. on fut surpris en pensant quil y déjeûnait. En fait, il pratiquait l'art de la digestion, de la digestion lente qui distingue l'humain de la plupart des animaux, sauf certains grands serpents. l avaot mangé, il ne mangeait plus. Il pensait avec son ventre.
Ainsi est la suite de la lecture spongieuse. on a absorbé sans pensée, on a reçu passivement. Et l'on pense ensuite. dès lors peu( s'exercer le jugement. on ne s'est pas ennnuyé, de toute façon: un artiste ne s'ennuie jamais. sauf s'il est réactionnaire. Mais pon s'en fout.
L'avantage de la lecture spongieuse réside en ce fait qu'elle est relecture d'un autre point de vue. ce qui me permet d'écrire une phrase précédente aussi lourde que ci-dessus. Cette digestion ouvre des perspective, donne du champ, du recul en permettant d'être soi d'une autre façon. Car le plaisir d'être soi est divers, comme l'identité qui le féconde. S'abstenir momentanément de jugement, d'appréciation renforce l'esprit, le muscle et permet d'avancer. Moi, ce que je vous en dit, c'est hisoire de causer. Sauf que j'écris. on n'est pas sortis de l'auberge.