Demain, à 22h, sur France 2, une émission sur Saint-Tropez. Sur le Saint-Tropez que j'ai connu enfant. J'y étais écolier. Un Saint-Tropez encore populaire : je côtoyais les fils d'ouvriers de l'usine de torpilles, de la fabrique de sardines en boîte. Les rejetons de pêcheurs qui nous emmenaient parfois au large. Les gamins des paysans : vivent les vendanges durant lesquelles les enfants cueillaient aussi le raisin et s'ensuquaient ferme (aujourd'hui, houlalala ! Y aurait la protection de l'enfance, tout ça). Bien sûr il y avait aussi Colette, Dunoyer de Ségonzac, Bardot... Mais ça ne gênait personne et les dames provençales, vêtues de noir, assises devant leurs portes cancannaient tranquilles dans les ruelles, au pied de la citadelle. On dansait au son du piano mécanique de Palmyre. On s'empiffrait du bon nougat gluant de Sénéquier. Mademoiselle Courtin habitait une tour du Bailli de Suffren : elle me donnait des leçons de latin et peut-être de vie. Je ne sais pas si je regarderai l'émission ( j'ai pas de télé, de toute façon, mais je pourrais me déplacer). Quand je suis retourné à Saint-Tropez, il y a déjà longtemps, j'ai eu envie de pleurer.on habitait dans la presqu'île : vignes, Figuiers, chèvres en ballade. Faure gaffe au bouc, mais il pue tant qu'on ne s'en approche guère.  Lutter avec les jeunes béliers, jouer à les foutre par terre. Ils chargent obstinément, on s'essoufle ! Mon enfance est bien loin !