Elle était obèse. Elle ne pouvait pas s'empêcher de bouffer comme une vache, de s'empiffrer.
Elle a tout essayé, des régimes, des médicaments. elle a vu des médecins, des charlatans, des naturopathes visqueux. Elle a observé les préceptes des médecines douces molièresques et facho qui sévissent aujourd'hui. Elle a suivi des cures. Sans résultat. Puis elle a vu un psy.
Au bout d'un certain temps elle a compris qu'elle vivait une vie de connasse ordinaire , avec les lourdes tâches ménagères, des gosses gueulards et chiants, un homme crétin et veule. Elle réalisa que ses compulsions alimentaires venaient de son entourage, de son mari, de sa famille. De ces gens odieux qui l'opprimaient ordinairement. Elle arrêta d se sentir coupable. Du moins, elle comprit que sa seule culpabilité était sa soumission. Putain, ça fait du bien!

Alors elle a cassé sa tirelire, elle a acheté une tronçonneuse. Une belle, qui bouffe plein d'essence et pollue commack, avec une réjouissante fumée épaisse et noire qui fait tousser.Elle apprit joyeusement à la manier, s'émerveillant de son bruit atroce qui révulsait ses imbéciles de voisins, se pourléchant en anticipant la suite.

Munie de cet engin merveilleux, et a massacré son époux, ses enfants, ce con de chien, cette ordure de chat. Comme elle est bonne fille, elle a épargné le poisson rouge. ensuite elle a joui du carnage, si délicatement sanglant, poisseux et de la vision rassurante des cadavres de salauds pourris qui lui gâchaient l'existence.Le sang offrait un très harmonieux camaïeu de rouge tandis que les cervelles écrabouillées montraient de belles couleurs chamoisées ou poil de chameau. Les vésicules crevées offraient l'agrément de touches vertes du plus bel effet.

Bien sûr, il a bien fallu tout nettoyer. Mais, pour la première fois de sa vie, elle le fit joyeusement, en chantonnant des rengaines idiotes et savoureuses.Elle se sentait alerte, sereine, joviale en se disant qu'elle se taperait bien Monsieur Propre

Depuis, elle mince et belle, s'envoie des tas de beaux mecs. Elle bouffe autant qu'elle veut sans grossir. Elle est heureuse, radieuse et fière sans affectation. Son caractère est devenu aimable, elle a plein d'amis et d'amies. Oui, parfois, il y a de la morale dans la vie.