J'écris, je suis écrivain,  parce que je suis une femme. Aussi une femme. Mon destin d'écrivain vient plutôt de l'intérieur. Du ventre. Je ne veux pas seulement parler de la « part féminine » qui serait présente en tout homme et vice-versa. Non: la vie me féconde. Dans l'écriture, il y a du temps, du rythme. Toute femme est une horloge, avec ce cycle, ce rythme. Alors je suis une femme car j'accouche du temps. Et je porte au poignet la montre de mon père.