Voici le pendant à mon "n^¨el fête de la déprime".L'auteur en est Mémé la Mokette! Elle voit juste et les béats des fêtes de familles sont bien à plaindre...Faire l'économie de la révolte ronge le foie! Les béatitudes à temps imposé bouffent la rate, rancissent les ovaires et moisissent les couilles!

Voici le texte:

Noël en famille : (version femme) :

On est invité chez Mme Mère, ou belle-mère, mais comme on est moderne et décontracté, on l’appelle par son prénom ; ça fait bien mais les sentiments n’ont pas changé : on se sent très « pièce rapportée », l’enjeu va être de faire bien : ni trop : » elle se croit où ? Celle-là ? » Les pièces non rapportées n’aiment pas que l’on s’immisce dans leur famille, faut savoir rester au seuil ! Et l’important étant de prêter le flanc à la critique, et aux bavardages dans la cuisine : donc point trop y demeurer, sinon leur plaisir serait gâché. Ni trop peu : «  feignasse, elle pourrait aider !

  • Tu parles qu’elle doit pas faire grand-chose chez elle !

  • Mon pauvre garçon, sur qui il est tombé ! jésus marie joseph !

  • Cette année, j’ai remarqué que tous ses boutons était cousus, pas trop tôt, l’an denier j’avais dû prendre la trousse à couture : il en manquait un sur deux !

Donc, même si vous avez participé aux achats autant que les autres, je cite les belles-sœurs, vous n‘êtes pas quitte : il faut s’agiter, laver, essuyer, poser les plats, les couverts, aller et venir entre les hommes qui s’envoient l’apéro en pérorant ; le cousin libidineux qui chatouille les petites filles, entre inceste et pédophilie, tient le bar, l’œil allumé.

Pour la suite des événements, il faudra sourire, acquiescer, répondre avec humour aux propos indélicatement agressifs tenus par tous les membres de la famille :

-Alors, notre intellectuelle de gauche, toujours en grève !

-J’aimerais moi aussi être fonctionnaire, cinq mois de vacances par an ! Et qu’on ne me dise pas le contraire !

C’est bon, j’ai l’habitude, c’est rituel dans la famille, on tape sur cette pauvre nunuche de belle sœur, bien fait, elle a volé le fils chéri à sa maman, elle doit être un peu chahutée, on l’aime bien, elle en rit, voyez bien que c’était pas méchant !

Noël en famille, chez soi !

La pire des situations : c’est la pièce rapportée qui reçoit : tout est prêt, même le conjoint, bourrelé d’angoisses, qui erre de la cuisine au séjour et incapable d’aider en quoique ce soit : il attend le verdict de Mme Mère, et de ses sœurs ou frères, sûr, ça va être raté ! .Mais, non, malgré l’intrusion, l’irruption des autres femmes dans le sanctuaire culinaire : on y arrivera !

  • laissez-moi-vous aider !

  • non, c’est parfait, restez à table.

  • Non, un repas de famille, ca se fait en famille ! C’est ce qui en fait le charme !

Et que je t’enlève le plat des mains, que je t’ouvre le four : « un peu d’eau, ça va trop rôtir », que je fais tout …au point que les bras m’en tombent ! Et que je pense : « vivement l’année prochaine où je ferais semblant de ne rien faire ! »