orlando de rudder

Blog d'orlando de Rudder, intellectuel arrogant et prétentieux

05 octobre 2008

Prénoms 2


L'inculture délibérée est une agression!

L'absolue outrecuidance d'une correspondante a relancé mon intérêt pour les prénoms. nier que les parents bourgeois, par exemple, choisissent un type de prénom particulier est imbécile.Nier que certains pré noms délassent l'est aussi: Ces choix ne sont pas innocents. Ils sont des marqueurs sociaux et les parents font très attention à leur sens. Mais l'inculture actuelle prônée par la droite, par Sarkozy fait que certains préfèrent les "coups de gueule" , l'affirmation de soi au réeel, à la vérité... L'inculture est une impolitesse, un mépris de l'autre, un refus de la vraie vie... Et Sarkozy, avec ses balourdises à propos de La Princesse de Clèves, le montre! L'inculture, l'ignorance sont de droite. La bourgeoisie exige une culture décorative et limitée tout en voulant en priver les autres... Ne pas lire est aussi grave que d'ignorer les fleurs,la nature... Lire est le propre de l'homme!

Tutoiement.

D'autre part, le n ombre de livres, de dictionnaires des prénoms publiés aujourd'hui montre que, contrairement à ce que dit la correspondante ignare et malpolie (en plus, elle tutoie: là, le marqueur social joue à plein! Et la familiarité "cool" ne présage rien de bon) les gens, les parents font extrêmement attention aux prénoms qu'ils donnent à leurs enfants. On trouve, dans ces ouvrages l'origine, l'étymologie du prénom ainsi que diverses considérations plus ou mons fantaisistes à son propos le tout accompagné d'exemples d egens célèbres portant ce prénom.Bref, contrairement à ce qu'affirme l'andouille, les gens pensent sérieusement aux appellations données.Le simple fait de l'ignorer est curieux.Cette personne pense t-elle qu'on l'a prénommée au hasard, sans savoir pourquoi?

Consternacion!

Mais voici où je voulais en venir. Ici, il arrive que des garçons s eprén omment Valmy, dans les familles fidèles à la République.Un autre Medvedev se prénommait Jaurès... Les mouvements régionalistes bretons ont milité pour que els prén oms celes soient acceptés par l'Etat-Civil..Bref, un prénom peut aussi affirmer les convictions politiques, nationales ou religieuses des parents. ET, dan sle domaine religieux, il faut penser à l'Espagne et à un certain goût de la souffrance catholique! Prénommer une fille Soledad, Solitude ou Dolores, Douleurs c'est la placer sous un certain signe pas vraiment rigolo. Sinistre, même.On peut aller plus loin: Desolacion serait pas mal. Deprecion encore mieux. Et pourquoi pas Anorexia?


Posté par ruru à 07:42 - bonjour - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Mon livre...


> Cela fait maintenant dix ans que j'écris le roman qui va sortir chez Lattès en
> Janvier. Il y en a eu au moins six versions et Laurent LAffont m'a fait
> travailler comme une bête.Je l'ai souvent maudit, mais je me rend compte que
> son travail éditorial est précieux.IL a de qui tenir.Il y a encore de vrais
> éditeurs...
> C'est une nouvelle expérience d'écrivain et ce livre a changé du tout au tout
> au fil des ans. C'est une leçon de l'humilité: je me suis rendu compte des
> complaisances qui nous échappent dans l'écriture, j'ai resserré, j'ai
> travaillé...Ouf!
>
> Voilà, c'est une délivrance...

Elle remet tant de choses en question. Le succès de mon premier livre m'a coûté cher, a suscité l'envie de mes proches et ce fut le début d'une série de ruptures. Et d'une fuite en avant..Malgré moi, je suis devenu un grimaud,petit à petit, un pro... J'ai fait le nègre, écrit sur commande.Assez fier, ma foi, d'être à l'heure et de fournir du bon boulot. J'y perdais sans doute mon âme, s'il y en a une. En plus, il y a la rigueur de ma fille. Certes, je suis fier d'elle.Mais, en plus, ele medonne une bonne leçon. Scénariste, elle sait ménager une excellence technique avec un "autre chose" qui avait disparu chez moi.La jeunesse? Peut-être aussi. Je lui vois une maîtrise tranquille qui n'est plus la mienne et c'est merveilleux. Ses nouvelles sont fortes et l'écriture y est complète, belle, complice de la vie. Je réfléchis... Je l'admire.

Et, durant ces années, il y avait ce livre que je viens de terminer.. Je l'oubkliais, puis y reven ait. Le héros, un personnage historique, me déplaisiat au départ.L'oouvrage est une idée d el'éditeur qui pensait que cela me correspondait. Peut-être a t-il raison. La première version fut presque parodique, humoristique: on se réfugie vers le drôle, le persiflage,la dérision quand on n 'a rien à dire ou que quelque chose vous gêne, vous concerne... LEs versions suivantes e ndaient vers une sorte de profondeur singeant le caractère mystique du personnage. Mais sans sa folie. Trop de distance. Un refus de m'impliquer.Une conduite d'amuseur, de chansonnier.Cela aurait pu séduire un public.C'était facile, justement comme les amuseurs qui noius gonflent et dont on est obligé d'accepter le succès parce que leur rôle est de "faire marrer"...

Et puis il y avait le souvenir de ceux qui m'ont élevé,influencé: la rigueur de musi cienne de Germaine Taillerferre, L'exactitude de Grac, la bonhomie précise de Tardieu, l'angoisse nonchalante d'Antoine Blondin, le risque permanent de JEan-Pierre Duprey... Tout ça pour jouer le grincement de dents à la Desproges et la dérision forcenée, besogneuse de ce genre d'attitude de fuite, d'angoisse et de rigolade complaisante...

De remise en question en remise en question, j'ai continué. Rechignant à la tache tandis que j'écrivais pour d'autres des conneries mystiques, des trucs de spiritisme, de Feng Shui, de médecine douce (y en a t-il une dure?), d'écologie et même un manuel de télpathie (!).*Toute la dérision involontaire de notre temps, tout le ratage tragique des gens qui veulent croire et n'affrontent pas le réel... Et le livre était là, comme l'oeil dan sla tombe de Caïn...Je me doutais bien qu'il faudrait assumer... Aller plus loin.Ecrire bref. Me forcer à une espèce de pureté qui m'est nécessaire.M'avouer ce que je suis... Risquer...

Ce qui est raconté n'a rien à voir avec moi. On sait d'ailleurs le néanmoins fallacieux de l'idéologie de "l'homme et l'oeuvre" qui fait que certains psychanalysent l'auteur et y trouvent des explications vaseuses (à ce compte il faudrait emprisonner tous les auteurs de romans policiers! Criminels!) ce que Freud avait su éviter en étudiant -et comment!- la fameuse Gradiva de Jensen: il analyse le texte, rien d'autre. Pas l'écrivain...

C'et ainsi, ce livre m'a suivi durant des épreuves qui lui sont fort étrangères... La récupération d 'un enfant maltraité, la misère... Et le voilà, le voici, ici comme là, avec sa présence et l'enjeu de moi-même dans l'acte d'écriture... IL m'a mis à nu. Et je regrette mon professionalisme, justement, la facilité aquise qui me permet de survivre en écrivant vite et en étant considéré comme un bon, un vrai pro...Un faiseur de livre, mais un auteur dee nu amateur, un écrivain à temps perdu, un grimaud à plein temps vidé.

"Con bien fou tuserais, Orlando"..c'est une phrase de mon homonyme, Orlando de LAssus, encore un musicien vrai de vrai et un écrivain polyglotte!

Moi.qu'ai-je fait de moi-même?

Nous avons besoin de vertus plus hautes et du mépris absolu de toute inadvertance!

Soyons présents! C'est de l'amour...

N'est-il pas sot d'en être là pour un livre qui n'intéressera peut-être personne?
Qu'importe, j'ai vécu. Bof.

Posté par ruru à 01:55 - la vie d'artiste - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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