… et j’ai vu l’épée heurter la pierre dure, caboche étincelante sous le choc, sous le ciel. Après j’ai vu le  sang
l’éclatement féroce des cervelles baveuses et des yeux piétinés. Ö les grandes montagnes, comme les voix résonnent !  C’était soleil majeur dans les marches d’Espagne et des soldats survivants mangeaient des oies maigres redescendues du ciel, saignant sur le rocher, égorgées comme ces Maures qu’on a fait prisonniers. Mais qui ne valent rien au cours des rançons ordinaires, alors, autant les tuer… Ca ne coûte pas plus cher ! Et ça peut faire rire !

La chair des oies rôties, lorsqu’elles sont trop sèches, devient friable comme le micaschiste. On fait frire des œufs pour l’onctuosité. La guerre continuera quand nous serons tués.  Notes esprit pense en lui et nos corps font les gestes… Tous deux regardent l’homme que nous sommes en train de tuer : c’et la guerre, geste et tout !  Et la guerre suffit à l’âme aux grands trop-pleins !  Qui ne tue pas est mort : ô loi de la nature ! Il suffit d’avancer !

Fromage de bique très fort, jambon de sanglier, les soldat se racontent ce qu’ils ont fait ensemble, viols abominables, femmes écartelées, et la vieille clouée sur le porte d’une grange à Guadalajara : on a bien rigolé ! On a tué par trouille, mais on ne le dit pas ! Et quelqu’un te raconte, oui toi-même, devant toi ! Par ta gloire d’être là, couvert de sang giclé, bois un verre, encore un !  La mort nous a laissés !