Je pense souvent au cher vieux Lucien Meys... On allait le voir à Braine l'Alleud (Blaine râleux, évidemment!), on se baladait, on se perdait un peu, on se promenait ensuite dans Bruxelles...

ET les histoires que Lucien racontait! Tant d'annés de BD! Comment, dans les bureaux de Titntin, les batailles d'élastique et de trombonne suivirent en intensité les problèmes de la France voisine durant la guerre d'Algérie... Lucien signait P'tit Lu (déjà) les scenarii qu'il écrivait pour certains Gaston LAgaffe... Et parlait de son amitié avec Franquin... christian Spronck a réédité, il y a bien quinze ans "LE beau pays d'onironie", album rare de Lucien qui rendait hommage à Herriman et à Krazy KAt.

Lucien, c'est aussi l'ilustrateur des "MArabout Flash" peit livres de format carré donnant toutes les clés du monde! Ces petits manuels prometaient des miracles. Ils sont recherchés, aujourd'hui,par les collectionneurs! On y trouvait "Je parle Chinois" comme "Je deviens un bon bricoleur" ou "Je parle moldo-valaque" et "J'aménage mon grenier"... Mais Lucien n'a jamais pu réaliser celui dont il rêvait et dont il était question que je rédigele texte: "Je bois tout moi-même"! Le rêve encyclopédique made in Marcinelle a fait long feu...

Lucien, c'est aussi celui qui a fait bouger maints étudiants du social à l'Ecole d'Educateurs Sociaux, tue du Gazomètre (pardon: du gabuzomètre) à Maubeuge. Illeur transmettait les joies de la B.D., leur faisait réaliser des fresques claires et belles... Dont l'une va être détruite, si l'on n'y prend pas garde: celle du Café de la Gare de cette bonne Vieille Thérèse! Oui, avec les travaux, le cinéma, tout va être rasé... IL y a des lettres à Yves Renaud, l'adjoint à la cuture à Maubeuge, pur essayer de sauver cette oeuvre... Si vous passez par là, allez chez Thérèse (vous y rencontrerez les colombophiles désolés à cause de la grippe aviaire) regardez la fresque,et écrivez si vous pensez qu'il faut la conserver...

Lucien me manque... On s'attend toujurs à le voir avec son pull canari, ses projets.

Il ne s'occupait plus guère de BD: il en avait aussi marre que Franquin. LE quel Franquin lui dit un jour qu'il l'enviait (!!!) parce que Lucien était devenu unpasteliste en renom. Ses oeuvres superbes sont, comme cela arrive souvent, fort apprécées au Japon où, des musées et des particuliers ont été heureux de les adjoindre à leurs collections. Lucien me manque vraiment avec son dessin pur, sa vivacité, sa folie... LA bière n'a plus le même parfum depuis qu'il n'est plus là. Y a t-il au Ciel un grand MArsupilami (comme à Charleroi!!!!) pour se marrer avec lui?