LE succès de la traduction de la correspondance de Bukovski par MArc Hortemel ne doit pas faire oublier qu'il est un écrivain.On peut lire son roman, Une Visite au Louvre, si on le trouve (ça rime presque!). Voici le Prdicateur, écrit en collaboration avec B.J Weillant. Une oeuvre énergique! Voici la première livraison de ce qui va être un feuilleton:

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MARC HORTEMEL

B. J. WEILLANT

LE
PRÉDICATEUR
(poème)

                                                                                                                                                   

Avant-propos

   
   
Les fâcheuses répercussions que pourront susciter ce texte, nous les assumons pleinement.
   Le prédicateur est un texte miroir, un miroir convergent, qui reçoit toutes les flèches du Mal. Ce fut éprouvant à écrire. Notre conscience refusait cet acte gratuit. Si la négation de l’Humanité est le thème central du poème, elle est, par réfléxion, un immense voeu d’espoir, pour une unité retrouvée, pour un monde recréé. Nous dûmes, en une nuit, balayer les systèmes et les non-systèmes, les dogmes et les doctrines, toute morale corrélative à ce texte.Si certains sujets sont abordés de façon aussi violente, aussi aveugle, c’est parce que la Bêtise , l’aveuglement, qui sont la substance même de ce poème, montrent qu’il est dangereux de vouloir imposer des règles, là où la liberté de penser et de s’exprimer doit s’approprier tous les droits. C’est parce que nous sentons des menaces restrictives à cette liberté que nous avons écrit ce texte.

   Adieu Lecteur. Comprends-moi, sinon je te maudis !

   B. J. WEILLANT
   Marc HORTEMEL      

   Copyright B. J. Weillant & Marc Hortemel 1990                                                                        

   Une étude précise et fervente que je fis des autres genres littéraires me donna à penser que la diffamation et la moquerie avaient certainement plus de valeur qu’on ne pensait.

   Jorge Luis BORGES, Art de l’injure in Histoire de l’éternité.
      

                                 

      
I
(Le Panthéon du Diable)

Néophytes de la vie, lisez ce désastre permis...
Folie des hommes de peu qui ne valent rien,
ARRIÈRE MANANTS !
ARRIÈRE !
Je suis las de vos esprits normaux !
Crevez une fois pour toutes !

Oyez oyez citoyens je vous méprise !
Crevez une bonne fois pour toutes !

Et quand vos entrailles pourriront à terre,
J’irai festoyer dans l’air purifié !
Crevez une fois pour toutes !

Et lorsque de mes mains sanglantes,
Je vous aurai tous égorgés,
Dieu seul pourra me pardonner.
Crevez une bonne fois pour toutes !

Je vous éventrerai, vampires de l’âme !
Je vous scalperai, chiens nombrilistes !
Crevez une fois pour toutes !
Retournez dans votre cimetière,
Déchets d’âmes pourries,
Je vous sacrifierai tous au Diable !
Je crèverai vos yeux pour voir plus clair,
Foi de poète vous ne m’aurez pas vivant !
Crevez une fois pour toutes !

Je mangerai vos cervelles adipeuses,
Je vomirai le tout sur vos tombes,
Afin que vous n’oubliez pas,
Crevez une fois pour toutes !                           
J’irai piétiner vos viscères déliquescents,
Je vous bourrerai le crâne oui le Crâne,
D’idioties et de mensonges !
Crevez une bonne fois pour toutes !

Empailleurs, je vous empalerai,
n’ayez crainte !
Bande de rôdeurs affamés par les ordures,
Je vous étriperai !
Crevez une fois pour toutes !

Vils humains je vous fusillerai,
Avec une dague votre front je zébrerai
Avec une hâche vos corps déchiquetés...
Crevez une bonne fois pour toutes !

Je vous conduirai, comme des boeufs,
À l’abattoir, ruisselant le sang,
et les os de vos ancêtres serviront de
Poivre au festin du vainqueur !
Crevez une fois pour toutes !

Je vous arracherai les dents à vif
Vous serez pendu pour ignorance
J’irai profaner vos tombes bande
De cadavres vivants !
Recrevez une bonne fois pour toutes !

HOLÀ ! MORTS-VIVANTS ! JE VOUS DRESSERAI, MOI !
Retournez à vos égoûts !
Je vous ferai cracher vos gencives
Êtres haïssables je couserai vos paupières !
ET VOUS CRÈVEREZ !
Une mauvaise fois pour toutes !

Inutile de ramper comme des lombrics   
Vous ne pourrez jamais atteindre l’ÉTOILE                    Sur laquelle nous flânons !
Une mauvaise fois pour toutes, crevez !

Hue ! Charognes ! Moribonds incontrôlables
Grabataires décharnés
Je vous crèverai tous !

Que cette feuille s’enflamme avec
vos coeurs de pierre vous n’apercevrez
Jamais
Notre LUMIÈRE.
Rats atteints de chaude pisse
Le Minotaure vous exterminera
Vermines syphilitiques !
Ne soyez point triste je vous
Perforerai le cerveau de mes doigts !
Crevez une bonne fois pour toutes !

Oui, crevez, larves anorexiques, clônes édentés,
Oui, crevez, bande de putes lessivées par vos gènes tarés,
Oui, crevez, afin que je dorme en paix,
Crevez à petit feu, BÂTARDS !!
Crevez une fois, et que cela ne tarde !!

Ce soir j’irai dormir avec mon papier toilette bleu parfum de lilas !
Crevez imbéciles une bonne fois pour toutes les fois que paroles vous m’avez adressées !   
J’irai baiser toutes les putes à votre santé !                    Je ferai le plein d’ordures !
Crevez !

Ah ! C’est une guerre bactériologique !
Arrière microbes !
Arrière bactéries !
Arrière eunuques écartelés !
Je vous aurai jusqu’au dernier !
Vous ne m’échapperez pas !
Crevez, crevez, crevez !!!
Vous m’avez réveillé escouades de                          Larves glueuses ! Vous n’en serez pas quitte                         À si bon compte ! Je vous dépecerai
J’accrocherai vos peaux bien grasses au chevet de
L’ignorance humaine !
Crevez cellules cancéreuses, CREVEZ !

JE SUIS LE GRAND FOSSOYEUR !

Et votre haleine tue-mouches m’indispose !
Il faut payer mollusques gluants !
Vous me collez aux phalanges vous n’êtes que
Répulsion horreur terreur !
Carnassiers du désespoir ! votre naissance accompagna
Celle des grands malheurs de la Terre !
Dieu, mais trucide-les donc !
Qu’attends-tu resquilleur,
Pirate des âmes qui te crachent
À la face !
Je ferai exploser toutes vos bombes
Je supprimerai toutes les ordures de la carte !
Puis, dans la radioactivité je festoierai de bon coeur
Avec vos cadavres ! Crevez une dernière fois !

Quand j’aurai coupé vos sacs testiculaires,
Je les suspendrai à mon arbre de Noël,
Alors ils sonneront les cloches,
Oui... LES CLOCHES !
Ignobles vermines vermoulues !
Je vous gazerai de miasmes putrides !
Pauvres riens !
CREVEZ Ô habitants d’un monde parallèle !
Tremblez !

Par décret, la sentence sera exécutée aujourd’hui !
Restez chez vous, et attendez-moi !