orlando de rudder

Blog d'orlando de Rudder, intellectuel arrogant et prétentieux

17 décembre 2005

RAoul Ponchon, O Byrrh, ô tisanes!

Il semblerait que l'épatant Raoul Ponchon, auteur éclectique, n'ait pas été fort sobreJe l'ai déjà cité ici, et j'en reparlerai. Voici encore un poème de son cru:

Cantique

O byrrh, ô tisanes !
Poiré, cidre doux,
Boissons paysannes !
Pour cous en basane
Trois-six de deux sous !

Crème des Barbades
De la veuve Amphoux,
Vagues limonades
Des bourgeois malades,
Oh ! moi, je m’en fous !

Hypocras*, cervoise !
Fadasse hydromel !
Sirop de framboise
Pour ceux de Pontoise,
Moderne kummel !

Le chinois ! la prune !
Vermouth, amer pi-
Con comme la lune,
Bière blonde et brune,
Alpin génépi !

Nectar qui précelle :
Cognac fait de jour,
Vie universelle !
Crème de pucelle,
Et parfait-amour !

Gascogne anisette !
Et rosolio
De la marquisette
Un peu Louis-quinzette !
Raki de Chio !

Raspail du laïque !
Rhum, ratafia
De la Jamaïque
Pour la prosaïque
Queen Victoria !

Persicot, prunelle !
Odieux koumiss !
Thé que jette en elle
-Eau sempiternelle-
Cette vieille miss !

Absinthe du zèbre !!!
Curaçao, bitter !
Menthe ! punch funèbre
Vert dans la ténèbre !
Genièvre, porter !

Composés chimiques
Des savants en us :
Sirops hérétiques
Et pharmaceutiques,
Alkermès, Garus !

Eau de Seltz badine
Qui fiche le camp !
Rose grenadine !
Et bénédictine
Qui vient de Fécamp !

Kirsch dont je n’abuse !
Eau d’or de Dantzig !
Et ton arquebuse,
Lyon, un peu buse !
Mèlé-cass du zig !

Liqueur ténébreuse,
Brou de noix ! gin !spleen !
Wisky ! kwass ! chartreuse !
Et l’eucalyptreuse !
God save the queen !

Tout ce qu’en Pologne
Boivent ces requins !
O marc de Bourgogne
De l’honnête ivrogne !
Triste marasquin !

Machine sucrée :
Café, moitié gland
Et tout chicorée,
Soupe édulcorée
Avec du lait blanc !

Shrub qui vient d’Ecosse !
Et chocolat qui
Nourrit Saragosse
Comme un simple gosse !
Quetsch et riquiqui !

Guignolet fallace,
Schiedam, vespétro !
Et ça que Wallace
Flue à chaque place :
Gloire du zéro !

Tout ce qui se pisse,
Tout ce que tu bois !
Et toi, plein d’épices
Ginger-beer propice
Aux gueules de bois !

Et la queue immense
Des et caeteras
Par lesquels commence
La noire démence
Et le cerveau ras,

Et que l’on renomme,
Vois-tu, tout est vain :
Rien ne vaut en somme
Pour le cœur de l’homme
Un verre de vin !

Seul, vin que j’admire,
Tu peux me tenter,
Ame de ma lyre
Toi qui nous fais rire
Et nous fais chanter !

Le vespetro au une drôle d'origine: c'est un mélange d'herbes dans l'alcool qui fait VEsser, PEter etROter.LE kvwass est simple à préparer comme le Rossolis (et non rossolio. LA crèmede pucelle, comemd 'ailleurs la liqueur de cocu étiat fabriquée, au début du XXe s par la maison cusenier. Byrrh est constitué des initiales des enfants de l'inventeur. L'eau de vie de Dantzig contient des paillette d'or.LE koumis est unlait fermenté.Le riquiqui ou rinquinquin se fait avec des fruits. L'eau d'arqubuse n'est pas aussi forte que son nom peut le laisser croire...

Pour en savoir plus, on peut consulter l'Histoire des boissons de JEan-CLaude Bologne, livre épatant!!!!


Posté par ruru à 21:48 - Ca me plaît - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Régine Detambel

Vous ai-je déjà dit que Régine Detambel a bien du talent?

De plus, elle rédige, en ligne, un joli magazine, l'Ecriteau:

http://www.detambel.com/detambel/pages%20html/ECRITEAU/ecriteau%20mag%201.html

Aujourd'hui, un très bel article sur DADA et MArc Dachy!

Posté par ruru à 20:13 - Ca me plaît - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Image!!!!

Voici une phrase extrite d'un beau livre, hélas oublié, mais qu'il est bon de lire!

Alertées à juste titre par la surutilisation de leur image, les femmes n’ont sans doute pas commencé à interroger, l’image qu’elles avaient elles-mêmes des hommes .
Bernard Cohen, Tu ne jouiras point,1992.

C'est le moins qu'on puisse dire!!!!


Posté par ruru à 20:08 - citations - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Suzanne Rodillon

J’allais souvent me réfugier chez les amis: Suzanne Rodillon m’accueillit souvent. Elle fumait le cigare, se vêtait de vastes boubous aux tissus peints par elle-même. Grande, imposante, belle, portant une flopée de bijoux exotiques, elle marchait comme vogue une galère royale. Parfois, elle m’expliquait “le grand danger de peindre qui vous peuple le coeur, vous obsède l’esprit”. Elle fut longtemps la compagne de Massimo Campigli. Ce Florentin, à la fois influencé par les portraits du Fayoum, , le futurisme, le cubisme, que sais-je encore? brossait des oeuvres figuratives aux couleurs de terre, des toiles parfois sombres, avaleuses de lumière…
Voici ce que le Bénézit dit de Suzanne:

Rodillon Suzanne. Née en 1916. Morte en 1988. XXe siècle. Française.
Peintre expressionniste-abstrait.
Elle était une femme de grande taille et d’un beau port, d’une beauté d’abord intimidante. Elle ne vivait que dans la compagnie d’artistes, poètes ou peintres et sculpteurs: Paulhan Prévert, Alain Jouffroy ou Jorn, Maryan Magnelli, Lipschitz et surtout Campigli. Elle élabora ses références à partir des cultures africaines et océaniennes. Elle participa à des expositions collectives à partir de 1958, au Japon, en Angleterre, en France, en Italie, souvent aux côtés de Corneille, Lam, Matta, Ernst. Elle fit sa première exposition personnelle en 1956. Pour des raisons personnelles, elle cessa définitivement de peindre en 1966-67. Ses amitiés correspondaient à ses affinités. On peut trouver, dans la diversité de ses peintures des parentés avec celles de Lam, Matta, Corneille. Le monde de Picasso expressionniste ne lui était pas inconnu. Sa famille en art aurait pu être celle de Cobra. De même que les créateurs de Cobra à ses débuts elle n’établissait pas de frontière tranchée entre figuration et abstraction et en tout cas privilégiait l’expression..

Suzanne se révolta contre l'aspect profond, mais obscur de la peinture de son mari. Elle assuma son déluge de couleurs vives. Elle affirmait peindre comme elle cuisinait: en couleurs. De fait, ses toiles montraient des teintes de menu provençal, d’aubergines, de poivrons, le tout secoué d’une énergie crue,.
Elle insista pour que j’essaie, avec des pinceaux en cheveux, d’apprendre sous sa houlette la calligraphie chinoise. Je pense que le résultat sut promptement la décourager. Alors, elle me donna un fusain, du papier, et j’ai, de temps en temps, tâché de dessiner le paysage merveilleux qu’on voyait par la baie vitrée…
Elle fabriquait aussi des bijoux, en maillechort, en argent.; Munie de pinces, d’outils divers, elle montrait une habileté impressionnante. Elle soudait des boules métalliques à des torsades de fil, arrangeait le tout pour vendre ses oeuvres dans sa boutique de la rue Allard.
Je la regardais, tandis qu’elle parlait, m’écoutait, me répondait, comme si les mains précises qui oeuvraient ne lui appartenaient pas. Elle souriait, et ses doigts, comme des machines, inventaient les assemblages, les formes. Elle s’arrêtait parfois, pour contempler le résultat, Puis reprenait la conversation, après avoir rallumé son cigare… c’est ainsi qu’elle me parla de Van Gogh.
La violence de ce peintre s’accordait pour moi, à la lumière de la presqu’île tropézienne. Le calme du matin, la nostalgie du paysage, m’évoquant les Tristes d’Ovide devenait presque brutale sur les toiles de Vincent. Il s’agissait d’une brutalité immobile, celle du contemplatif, celle de l’intensité, celle qui essouffle les nerfs. Les gens qui se passionnent devenaient mes modèles, ceux qui , se forcènent, accomplissent, dussent ils en mourir… l’artiste, le philosophe, le poète, le Saint… Celui qui arrache sa vision intérieure de son coeur, de son esprit, pour la projeter violemment dans le réel des autres,. Le tracas de Van Gogh n’est pas loin de celui de Jacob…

Depuis toujours, j'avais bien vu à l'église Saint-Sulpice, qu'en avant plan, sur la toile marouflée d'Eugène Delacroix, cette merveille montrant Jacob combattant l'Ange, se trouve un chapeau. C'est le chapeau de Van Gogh... Du moins, il lui ressemble... Prémonitoire couvre-chef et relai de mémoire!


Posté par ruru à 12:50 - nostalgie énergique en vrac - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Romance de la vie chère.

Romance de la vie chère.
Il n’y a pas de quoi mourir d’un cil battu en neige ; le rythme du jour ne grandira pas. Les saisons se font stables, sans perfectionnement. Oserait-on crever sans mode d’emploi ? Qui engagerait un domestique sans références ni certificats ? Alors, pourquoi vit-on la vie, à la va-de-bon cœur, et comme-je-te-pousse ? Le jour grandira t-il ? L’hiver prendra sa place. Ca coûte cher, la vie.
Autant ne pas croire que les vieux mentent, là, dans les cafés de village, en sirotant leurs petits verres, comme autrefois, tu te souviens ?
Mentir à grippe-mots, sans même s’en rendre compte : moches rêveurs de passé, incapable, d’ailleurs, du moindre cauchemar.
S’ils se taisent, c’est pire.
Savoir vieillir. Imaginons ? Il faut commencer tôt, pour devenir un pro. Apprendre, néanmoins à battre du cil en mesure de neige d’antan. avec des cliques et des claques et des clic-clacs de photos vacancielles, de mariage, de baptême. Jamais de mort. Ni de naissance.
Les jours augmentent : c’est pas plus cher. Voilà l’été, bientôt l’hiver. Crédit gratuit pour hommes et femmes. S’aimeront-ils à cent pour cent ? s ‘aimèrent-ils en économes ?
Les jours pratiquent l’usure et les nuits l’usufruit, la grammaire et la banques dansent un sabbat joli. Les vieux, dans les cafés de village ont bien connu tout ça.
Mensonges de tout-venant, mensonges sans garantie, non trié de leurs vie, ce genre de pacotille. Le vérace surnage, l’authentique scintille.
Le certain, oxydé, se refait une beauté. Le véritable se dandine. Jetons les fleurs fanées.
Il n’ya a pas de quoi mourir d’un cil battu en neige ; le rythme du jour ne grandira pas. Les saisons se font stables, sans perfectionnement. Oserait-on crever sans mode d’emploi ? Qui engagerait un domestique sans références ni certificats ? Alors, pourquoi vit-on la vie, à la va-de-bon cœur, et comme-je-te-pousse ? Le jour grandira t-il ? L’hiver prendra sa place. Ca coûte cher, la vie.


Posté par ruru à 12:43 - Pwhaizy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

MErdrigal

JE continue ma série de merdrigaux, selon le titre de Léon-PAul Fargue. J'aimerais qu'on m'en envoie d'autres! PArticulièrement des femmes, car, pour l'instant, le genre est masculin: humour méchant requis!

Merdrigal 4.
Par moments, j’ai pu croire ma solitude amère. Puis j’ai revu ton air sur une photographie. Tu n’étais pas trop laide. Mais je préfère l’ennui.
Ma distance épanouie savait te regarder. Tu aimas cette tendresse. Hélas, quand d’un talon mordu par quelque basilic, tu piétinas exprès mes pauvres myosotis, ce fut ton erreur. Et basta, pauvre conne !


Posté par ruru à 11:15 - Pwhaizy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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