30 novembre 2005
Homozen
JE croyais en avoir fini avec le zen, mais voici qu'un correspondant (merci) rappelle l'homosexualité guerrière des samouraï (voir leommetaire de "tripes tokyoïtes") mais elle est coutrant dans les corps d'armée, même d'élite (voir l'Illiade).
Plus étonnante pour nous est la "fusion" maître disciple " qui institutionalisait la pédophilie... MAis c'est une aute histoire, parfaitemetn établie et que l'on peut trouver détaillée sur le net.
Le fait que cette pédophilie ait été admise la rend peut-être moins virulente... et nocive (je n'en sais rien). Ce qui est nocif, c'est l'idéologie zen, elle-même.
Autre chose: le mot "pédophilie me gêne. Il signifie "le fait d'aimer els enfants". Comme "colombophile" veut dire "ui aime les pigeons". Nos "couloneux" du nord élèvent des pigeons, les aiment, les font concourir : ils ne les violent pas et ne les tuent pas!!!!!
LE vrai mot serait "pédoclastie", ce qui signifie: "qui détruit les enfants"..
Pour ce qui est de l'homosexualité guerrière, disont qu'elle est plus anti-femem que réelle homosexualité. PArce que ces braves gens violents souvent les femmes... L'homosexualité est un autre choix, bien éloigné de toutes ces saloperies!!!
29 novembre 2005
Tripes à la tokyoïte
Il est possible que l'image donnée par le zen, les massacres, la guerre, puis l'esprit du bushido, même s'il est devenu celui du commerce au JApon, ternisse le pays du soleil levant. Devant ce mysticisme monstrueux de cruauté et la folie du travail, les mômes qui se suicident pour avoir raté un examen, etc. , il est vrai que nous sommes réticents.
MAis tout le Japon n'est pas là...
Bien sûr, une cuisine bien adaptée aux Européens nous réconcielie avec le µJapon: les sushis, d'invention récente, comme les yakitori constituent une nourriture "internationale" fort agréable. Mais peu traditionnelle. comme, d'ailleurs la "cuisine chinoise" des restaurants du même nom...
MAis l'on oublie les paysans, les gens de rire, les non-zen, les bâffreurs! De plus, on veut toujours qu'ils cuisinent "clean", les Asiatiques. Hé non... JE parlerai un jour des différentes façon de préparer les pieds de porcs (dont les Chinois sont friands!). Aujourd'hui, passons aux tripes à la tokyoïte. On fait cuire les tripes comme d'habitude (3 heures), on rince bien. On ajoute un peu de sauce soja, du saké.On fait cuire encore et l'on sert avec des oignons hachés, du gingembre râpé, l'inévitable tofu en dés... Certaines recettes (m'a t-on dit) utilisent le thé fort en poudre. MAis ce n'est pas l'usage courant...
Non! Ca ne se prépare jamaois avec la dépuille d'un samouraï après le hara-kiri (seppuku), pas du tout!!!! (hi! hi!)
Il existe, bien entendu de nombreuses variantes de ce plat, et autant de préparations qu'il y a de régions.
Topujours est-il que l'ingéniosité populaire pour préparer les abats, peu couteux, est universelle! autant que le dégoût bourgeois pour ces plats qui vont avec l'humour, la tendresse et les blagues parfois lourdes. bref, l'aspect Rabelaisien du Japon que l'on veut tant cacher!
Rappelons que les tripes sotn constituées de collagène et ne peuvent pas être grasse, à moins d'y ajouter de l'huile, du beurre,etc. Ce serait un aliment de régime parfait, si l'idéologie des régimes courants ne primait pas sur leur sérieux
28 novembre 2005
Hé oui: c'est Gourmont, à nouveau
Voilà qui peut s'appliquer à certains commentaires vus sur divers blogs! Voyez plutôt:
Un critique innommable note quelques-unes des fougueuses incorrections de Verhaeren, quelques-unes « entre cent autres ». C'est là, vers la faute, vers la tache, vers la plaie, que le médiocre, comme une mouche, vole avec certitude ; il ne regarde ni les yeux, ni les cheveux, ni les mains, ni la gorge, ni toute la grâce de la femme qui passe ; il regarde la boue dont un manant éclaboussa la robe ; il en jouit ; il voudrait voir la moucheture grandir et dévorer l'étoffé et la chair; il voudrait que tout fût laid, sale et méprisé comme lui.
Le "sale esprit" envahit la communication.LA ferveur disparaît souvent, l'admiration, l'émerveillement ne sont pas de mise. Et pourtant, ce n'est même pas "zen"... Car il n'y a point d'indifférence mais de bien étranges hargnes contre des individus qu'on en connaît pas et qu'on imagine.., ET ausi l'idéologie si bien portée du "tous pourris", la projection des projections"...
Heureusement, ce n'est pas la majorité, ces gens qui "s'expriment" au lieu d'exprimer quelque chose, de débattre à propos d'idées... MAis les gens de tendresse sont plus discrets: il "s'expriment" moins et sont constructifs... Dommage, justement qu'on les lise moins.
Mélancolie pratique 10
Approcher le lointain.
Le roman tend naturellement et doit tendre à sa propre élucidation.
Butor Michel Répertoire.
Le roman ne fait pas de dettes. Il a le pouvoir d’exister sans cela. Voire même il jouit du privilège invraisemblable de constituer un fonds inépuisable ! Il est créé par l’écrivain. c’est dire le poète, au sens large, donc vrai. Celui-ci est soumis à la nécessité du devoir :
Les poètes sont comme les souverains. Ils doivent battre monnaie. Il faut que leur effigie reste sur les idées qu’ils mettent en circulation:.
Le poète : Philosophe du concret et peintre de l’abstrait.
Victor Hugo, Choses Vues, 27 septembre 1863).
Le fait que l’art représente un phénomène marchand ne doit pas nous désorienter, n’est-ce pas ? dans le fatras d’une balance commerciale, d’une comptabilité. Elle se fait toute seule et nous permet de penser à autre chose. Ce qui est un métier. Le nôtre.
Gide écrivit un roman portant constamment l’image de sa propre élucidation sur le mode progressif, lui donne le nom de Faux-monnayeurs : sans doute à cause de l’explicite. En effet, les autres romans ne font pas exprès de s’auto-élucider.
A ce prix, on paye chaque mot. Ce qu’on paye n’est pas intime : ça s’éloigne. Même s’il faut l’incorporer. Le fruit acheté, la pomme payée, les pépins recrachés ne doivent pas nous faire oublier l’argent donné au marchand. Les faux monnayeurs nous proposent des vocables étrangers, des mots foreigners, lointains avec une gueule de proximité. Comme la pomme à un penny, le poème au même prix de Joyce, Ou l’opéra de quatre sous, qui en vaut trois (dreigroschen) dès qu’on ne le traduit pas… L’élucidation peut donc commencer par une conversion. Donner le change demande de la justesse. Conversion n’est pas tout à fait le mot juste. A moins qu’on veuille évoquer la conversion, quasi-religieuse d’un auteur en écrivain, d’un type normal en fou furieux :
En deux ans il changea totalement, devint un soûlard et un écrivain. Lorsqu’on lui demandait qui il était il répondait simplement: “ Je suis un état de fait”.
Knut Hamsun, Mystères.
Ce qui demande une certaine méthode, surtout quand le roman s’intitule Mystères. La conversion n’est pas à portée de toutes les ferveurs : il s’agit plus vraisemblablement de transposition. C’est-à-dire d’art. C.Q.F.D .
Ainsi…
Le roman se présente comme un whodunit implicite. On n’est pas obligé de savoir qu’il y a toujours énigme. D’ailleurs, l’énigme d’un roman policier ne fait que cacher l’autre. Une charretée de pourquoi. Quelqu’un ou quelque chose fait que cela existe !
Cela ; non pas ceci. Le roman conserve la distance, il n’est pas là, sinon sous la forme de pages encollées. Ensuite, il se rapproche. Le lointain s’approche, devient un ceci familier qu’on le bâfre à loisir. L’élucidation du roman met en jeu le lecteur. Mais le mystère ne se laisse pas épuiser. Comme on découvre un mur jaune, sur une toile familère, on en déguste de nouveaux détails à la relecture. Et le sens général d’un roman lu très jeune s’est foutrement modifié lorsqu’on le relit dix ans plus tard.
L’exercice spirituel d’une lecture méditante, qui met au jour correspond paradoxalement à un approfondissement. Plus on s’élève et plus on creuse. Parfois même, on se trouve en train d’exhumer du sens, là où, on l’aurait juré, il ne s’en trouvait pas tant que ça. Ca devient bête ! Approfondissons ! Everything that rise must converge .
Frôler la déraison ?
Le poète paraît posséder cet art du savoir-faire qu’il partage entre le plus grand nombre là où nos névroses ne produisent que des symptômes.
Gilson J-P: “Le séminaire de Psychanalyse” de J-P Gilson et H. Coster Le Mensuel Littéraire et poétique, Bruxelles, n° 202 Mars 1992.
Il faut savoir frôler la déraison, s’offrir le vain vertige, laisser venir l’état que tant d’autres combattent. Ruser. Préparer la renaissance, même si l’on n’y croit pas. Pas encore.La mélancolie a fait ses preuves en ce terme même : Dürer, Chranach, Goya l’ont montrée crûment.:Saturne dévore ses enfants… voici l’état profond qui féconde le génie, la rage de César et le geste du peintre.Mélancolie ! sauvagerie tranquille qui vous taraude l’âme comme le sucre carie lentement la dent saine !
Loin des névroses ordinaires, la mélancolie opérationelle devient une sorte de mystique. C’est, en tout cas, le peuplement fort complexe de l’esprit, de l’habitus. L’ Encyclopédie la décrit dans son ambiguité. Avec une raison d’être, une utilité :
C’est le sentiment habituel de notre imperfection (…) elle se plaît dans la méditation qui exerce les facultés de l’âme pour lui donner un sentiment doux de son existence et qui, en même temps la dérobe au trouble des passions, aux sensations vives qui la plongeraient dans l’épuisement. La mélancolie n’est point l’ennemie de la volupté, elle se prête aux illusions de l’amour et laisse savourer les plaisirs délicats de l’âme et des sens.
Il n’y a pas d’amour sans mélancolie.Elle procède un peu de la dépression, puisque c’en est l’un des symptômes. La mélancolie, lorsqu’elle nous a pris ne nous lâche pas. Nous sommes d’abord sa proie : elle est aigle, rapace et fleur…
Sa noirceur s’irise néanmoins, comme un peu menaçante, serpentine, aqueuse, couleure ou anguille, voire anguille de mer : le congre rhéteur sort d’un mur, comme dans un délirium tremens, mais d’un mur d’autres congres : Elles s’entassent, ces anguilles marines, sur l’étal du marchand :
…si gluantes qu’elles semblent ramper, vivantes encore.
Emile Zola, Le Ventre de Paris.
Inquiétante mélancolie ! Surtout si nous la cultivons : elle s’incorpore, se greffe, s’ente… nous nous confisons en désabus, en nonchaloir, en tristesse infinie, parfois doucette, mignarde, mais peu constructive. Patience : il y a un temps pour tout ! Car…
Tiens ? qu’est-ce ? Nous découvrons une lumière, paillette, strass dans le charbon, la cendre…Ouvrons encore tout bée notre grande faiblesse : devenon proie soumise de notre sentiment. Musique ? J’entends au loin de moi un air ancien… faut-il qu’il m’en souvienne ?
Je chante ma solitude savoureuse hérissée d’orgueil. Comme les fétiches à clous. Je m’en occupe comme d’un enfant bien aimé. Ce monde est un cadavre immense qui se bat à vivre par tous les moyens.
Sony Labou Tansi, Les sept solitudes de Lorsa Lopez,1985.
Bah ! on va vivre. Arrêtons de penser à soi. Nous ne sommes pas les seuls morts-vivants ! Adressons au moins un faire-part de vécu aux autres agonisants qui ressuscitent doucement, doucement, doucement… Savourons l’article de la mort, le verbe de la durée, la conjonction des survies. C’est délicieux ! Crevons la solitude, allons vers eux, les autres :
Ecris comme si tu étais en train de mourir. En même temps, dis-toi que tu écris pour un public uniquement composé de malades en phase terminale. Après tout, c’est le cas. Que commencerais-tu à écrire si tu savais que tu allais mourir bientôt ? que pourrais-tu dire à un mourant pour ne pas le faire enrager par ta trivialité ?
Annie Dillard En vivant, en écrivant, 1996.
L’odeur des chrysanthèmes et novembre naissant ? L’éternité, voyons ? Qu’en pensez-vous céans ? ecrire c’est la retrouvée, avec le soleil, cou coupé de poulet qui court encore, même mort, ou presque, chaos, survie des nerfs, rien, soubressauts en durée, poussières d’étoile, éternité, ça commence bien, ça ne finait pas, ça finit mal, ça va, ça vient, éternité… Toujours l’amour, nous n’irons plus au bois, mais résonnez musettes, ça ne renait plus rien, ça vit. Ô, maintenu, regard perdu, crudité d’instant, lenteur pesante, éternité. Danger :
Eh bien, mon travail à moi, j’y risque ma vie et ma raison y a sombré à moitié.
Vincent Van Gogh, Lettre à Théo, s.d.
Travail de mélancolie, cheval noir, jument morte, deuil! Glas ! Sécurité du mal profond, lancinance, arrière goût de rate éclatée, fiel vert ! Gras ! Mort dans une décoction bileuse, mélancolie ! Eternité…le temps grince des dents, les rouages de l’horloge se serrent l’un contre l’autre, les picots s’embrassent, s’ébrèchent, ça fait mal, éternité, ça chauffe et même jaillissent des étincelles, éternité… engrenages, scies circulaires incisant cette rate, fiel-bile, jaune, vert, sirupeux, aigre. Cependant :
Le monde de l’art n’est pas celui de l’éternité, c’est celui de la métamorphose.
André Malraux, Antimémoires, 1967
Sans mélancolie, ça ne marche pas. Ecrire demande cet état, de l’assumer, son assomption, sa destruction. Cette succession peut durer quelques secondes ou s’étaler sur des années : rentrer en soi, s’étirer, comme ce congre debout de bougre de con qui enseignait la rhétorique au pays des merveilles… L’invention de l’urgence passe par l’acidité, le vinaigre de l’acédie, tendu au bout d’une lance par le soldat romain au crucifié banal ,pas plus celui-là qu’un autre, car ce bon militaire ne voit pas bien pourquoi… tel qu’en nous-même l’éternité nous transforme. C’est urgent :
Je leur expliquerai qu’ils doivent toujours écrire comme s’ils avaient le couteau sur la gorge, comme si, avant de mourir,ils n’avaient que quelques instants pour parler de leurs secrets les plus intimes.
Deszö Kostolányi , « Deux ou trois choses à propos de l’écriture », Cinéma muet avec battements de cœur , 1988.
Voici que ça devient douceur, cette ancienne morsure ; la mélancolie s’attendrit, et se laisse caresser, dômes charnels, espérance. Fécondité. Avec de nécessaires cérémonies. Car la mélancolie touche aux psychoses, aux névroses : elle se récupère en manies contemplatives. Ses liturgies sont souvent calmes autant qu’intenses :
Le reste de son temps s’écoulait dans une liturgie d’habitudes qui réussissait à le défendre du malheur. Parfois, les jours de vent, Hervé Jaucour descendait jusqu’au lac et passait des heures à la regarder, parce qu’il lui semblait voir, dessiné sur l’eau, le spectacle léger, et inexplicable, de ce qui avait été sa vie.
Alessandro Baricco, Soie, 1997.
Ce qui permet aussi la jubilation :
Toutes mes joies en cela sont folies, aucune n’est si douce que la mélancolie.
Robert Burton, Anatomie de la Mélancolie, 1621.
Victoire !
Mélancolie, méthode. Etat de fait. Etat d’âme, autre chose qui nous pense en miroir de nous-même.
Folie
Ecrire a été pour moi une forme d’autoanalyse imaginative. Si je n’étais pas devenu écrivain, j’aurais sans doute été une personne très perturbée
J.G. Ballard, .« Entretien avec Henriette Korthals-Altes », Lire, Eté 2001.
Flaubert voulair rendre fou le lecteur, l’affoler au sens propre et fort. Faut-il pour autant que l’auteur soit dément ? Qu’il le devienne au prix d’un « déréglement de tous les sens » ? Faut voir !
Ni le talent, ni le génie, ne sont névroses. Le « sens des affaire » l’est toujours, puisqu’il s’agit inmanquablement de » compensation. Ecrire peut, évidemment, servir, au départ, à réparer un trauma. Mais dès qu’on persiste, on découvre autre chose. Il en est de même quand on peint, compose, etc… Parce qu’on ne triche pas.
Un écrivain, un artiste peut être, par ailleurs, névrosé. Mais il ne le sera jamais autant qu’un modeste ouvrier, dont c’est le métier, ou un homme riche dont c’est le moteur.
Van Gogh était-il fou ? peut-être. Henry Ford l’était certainement. Et dangereux. Avec la perversité la plus compacte. Ce serait pourtant si simple : il n’y aurait qu’à se droguer, prendre des psychotropes pour devenir artiste. Hélas, le délire d’un nigaud est un délire faiblard. Flaubert stigmatisa de façon cinglante l’idée reçue du talent malsain. Il alla même plus loin :
Génie : Inutile de l’admirer, c’est une névrose.
Dictionnaire des Idées reçues.
La force de cette assertion tient à sa subtilité. Flaubert ne dit pas qu’il ne faut pas admirer le génie. Mais que c’est inutile : ah ! qu’en terme bourgeois ces choses sont clamées ! Flaubert a su saisir l’aspect économique de la mentalité de base. A quoi bon admirer, si ça ne sert à rien ?
Le père de Flaubert était médecin. Gustave pesait ses mots. La névrose était alors bien plus grave que ce que nous nommons ainsi de nos jours. C’était une atteinte véritable des nerfs, au sens physiologique et, certes pas, un trouble qu’une thérapie de la parole peut amoindrir, voire guérir. C’était une atteinte à la raison invalidante, empêchant, à coup sûr l’exercice du négoce, la pratique de la traite des noirs ou l’agiotage, activités on ne peut plus raisonnables en ce temps.
Aujourd’hui, ça se soigne :
Faites entrer l’écrivain guéri… Il a une crise de quoi ? De nudisme ?… Ah ! il ne peut plus parler (…) Il a été surlibéré, si j’ose dire.
William Burroughs, Le Festin Nu, 1959.
Les attaques contre l’art et les artistes n’ont pas tellement changé. Les malades de la banque, seuls ou presque, se taisent poliment : l’art, ça peut rapporter, coûter, ça se paie, se marchande…
Quant à ceux qui, devant une toile de Mondrian affirment qu’ils en feraient autant, ils commettent la même erreur que ceux qui se croient le talent de Francis Ponge ou Virginia Woolf pardce qu’ils savant rédiger une lettre et un compte-rendu ou imaginer quelque histoire pour animer une soirée d’amis.
S. Fauchereau, Peintures et dessins d’écrivains, 1991.
Le badaud qui voit un carré bleu à côté d’un carré rouge se gausse : il en ferait autant. Eh non ! La preuve, il ne le fait pas. Et surtout, il n’a pas dessiné durant trente ans ou plus d’une façon d’abord académique parfaite, avant de varier sa manière, avant de chercher pour en arriver là, après une vie de tâtonnement. L’homme qui « en ferait autant » n’a choisi ni carrière ni destin. Il n’a ni eu faim, ni soif. Ni éprouvé cette ardente faim et cette fervente soif qui engage au point qu’on en peut mourir . Il ne connaît pas, non plus, la régénération par l’art :
La littérature oui, c’est l’innocence retrouvée, l’innocence de la bête perdue en nous. Qui renaît grâce à l’écriture.
Venaille Frank. « Exhiber l’écriture jusqu’au silence », Le Matricule des anges, n° 37, 15 décembre 2001-15 février 2002 .
Arrêtons de nous remettre en question : nous sommes les meilleurs, nous autres artistes. La preuve : on nous envie. On a accusé Zola de perversité. A l’époque de Thiers et de Gallifet ! Gardons l’étoile au front et ne nous laissons pas avoir. La jalousie de ceux qui n’osent pas nous pèse, nous tue, nous fait vaciller, parfois, du côté raison. Mais si nous étions si malades, pourquoi serions-nous toujours les premiers tués par les régimes qui se disent fort ? La cérémonie se déroule liturgiquement : on brûle les livres, les poètes et artiste d’abord. ensuite le peuple s’autodétruit. La bourgeoisie demeure, parfois même parfumée d’un babouvisme élégant. Et Chronos, dieu du temps, du travail, du refus de la révolte, de la populace, mangeur de ses enfants, se marre, se marre, se marre…
Quandoque Homerus sommeillat : Ballard se trompe. S’il n’avait pas choisi d’être écrivain, il eût vécu une existence, et non une vie, avancé dans une carrière plutôt que d’assumer un destin. Il eût travaillé plutôt que d’exercer un état, plutôt que de besogner, parfaire, ouvrager, œuvrer. C’est perturbant, certes. Mais c’est la norme.
Nous nous modelons nous même. Austère discipline ! Mais joie profonde. Au prix d’un danger parfois délicieux. D’une solitude aussi. Mourir d’aimer ? Notre être s’identifie à l’oeuvre, et c’est au moins dangereux.
Ceux qui sont à la fois le sculpteur et la glaise survivent mal aux traitements qu’ils s’imposent
Alain Riou, « L . Le Maudit », Le Nouvel Observateur, 30 août/ 5 septembre 2001).
N’hésitons pas à remettre à leur place les envieux, les cagots, les réactionnaires quelles que soient les clasees sociales dont ils sont issus : le milieu n’est jamais une excduse. Sinon, tous les riches seraient sublimes. Somerset Maugham prête un excellent discours à une pianiste virtuose stigmatisant la prétention d’une famille anglaise de noblesse parvenue et plus « british » que nature dont l’un des fils veut « faire l’artiste » et n’y parvient pas :
Nous sommes les seuls qui ayions de l’importance car nous donnons au monde une signification. Vous êtes, tout au plus, notre matière première.
« Le pain de l’exil », Amours singulières, 1995.
Nous sommes attaqués parce que nous gênons, parce que nous remettons en question l’état social, en tant que bouffons ou comme penseurs, comme objet de révolte ou comme moralistes. Prenons les choses de haut ; nous n’en seront pas plus haïs, vilipendés, achetés, prostitués, récupérés :
O poètes, vous avez été orgueilleux, soyez plus, devenez dédaigneux.
Proses de jeunesses. Stéphane Mallarmé, « Hérésies artistiques. L’Art pour tous ».
C’est pourquoi trois carrés rouges ne peuvent se comprendre qu’en connaissant l’époque et « celui qui a fait ça ». Et le cheminement. L’aventure. La quête du sens : il n’y a plus d’art abstrait ; ça déborde sur la vie. C’est la vie qui fait l ’oeuvre. Nous n’y pouvons plus rien : les marchands l’ont voulu, comme le peuple : on se justifie par son existence… alors, allons-y !
L’oeuvre d’art à venir, c’est la construction d’une vie passionnante.
Raoul Vaneigem, Traité de Savoir-Vivre à l’Usage des Jeunes Générations 1967
Va mourir, l’ « homme qui en ferait autant » ! Même si c’est déjà fait ! Bisque bisque rage ! on l’a fait avant toi ! Et prends ça dans les gencives :
La révolte poétique personnifie la liberté humaine dans son expression la plus complète. Elle ne castre ni ne sublimise l’homme mais le dresse debout avec ses désirs en liberté.
Camille Bryen, Activation poétique, 1935.
Pour une grammaire de l’ambiguité.
Tout pacte obscur ou ambigu s’interprète contre le vendeur.
Code civil, 1804.
En 1930, William Empson publia un ouvrage intitulé Les Sept types d’ambiguités. IL s’agissait d’une critique du sens, avec bonus. Empson découvrit que les ambiguités, les jeux de mots, les méprises et obscénités contenus dans Shakespeare contenaient, en fait, le principal de son message. Ce point de vue acquis, on obtient une justesse d’intelligence du texte, une précision, une véracité formidables. Empson s’opposait aux « logiciens de la langue », du langage, même, cherchant à le réduire à une machine opératoires. Empson prouve ainsi que ce qui est considéré comme obstacle ou restriction dans la poésie n’est autre que sa richesse, sa force. Voici donc ces sept types d’ambiguités.
Quand un mot exprimant une seule chose a plusieurs niveaux de sens.
C’est l’enfance de l’art, le moment où s’acquiert la conscience des trajectoires du sens. Franchir, degré par degré les degrés chatoyants pour accéder aux dômes du plaisir ? Le tout dans tout ; littéralement. Le langage n’est pas une traduction du monde. Il est au monde. Il en constitue la partie la plus prenante. Un mot ne peut signifier une seule chose : la langue n’aurait plus la volonté de dire.
Quand d’autres sens se superposent à celui choisi par l’auteur.
L’inadvertance ne ralentit rien : elle étend le sens à l’infini. La liberté s’octroie par ce mouvement pur. Mais pas plus gratuit qu’autre chose. D’où vient l’intention ? On aproche du rée, de sa complexité en additionnant les choses perçues. Le réel, dans ce cas, s’appréhende en additionnant la somme de nos interprétations. Tant pis s’il en manque. Ca tourne autour : Ca pense.
Quand deux idées se rapportant au même contexte sont exprimées par un seul mot.
C’est le bouquet d’un grand vin, la queue de paon aux milles yeux, aux cinq cents regards. Le mot s’équilibre aux balances du sens. Car il y en a plusieurs.
Quand plusieurs significations ne concordant pas renvoient à l’état d’âme complexe de l’auteur.
C’est la jeunesse de la manière : On pense à l’instant. Il se boucle trop vite. Après, ce n’est plus ça, peines d’amour perdues. C’est l’heure des synesthésies. Des confusions aussi. L’erreur, hautaine, maintient le cap. On sait que l’esprit s’accomode un peu à la façon d’une mise au point optique. C’est à voir.
Quand l’auteur découvre son idée au moment où il l’écrit si bien qu’il utilise un terme ne s’appliquant pas à un objet particulier mais correspondant au passage d’un objet à un autre.
Schuss du sens à l’avalée ! Processus, action : bougé de daguerréotype. Affinités si plus, correspondance si mieux : verglas du sens ! Le tour est joué d’avance : on progresse. Gare à l’analogie. On chemine, on y va.
Quand une expression est tautologique, contradictoire ou absurde, forçant le lecteur à inventer une signification.
C’est l’âge mûr de l’art : On n’invente pas un sens : il s’impose. Livre ouvert, histoire à devenir : le lecteur ne risque rien ! . Une grammaire de l’ambiguité est, en même temps, une grammaire des possibles. Ce qui est dit raconte. C’est une prime de risque et de fidélité.
7.Quand un mot offre dans le contexte deux significations opposées montrant ainsi le conflit intérieur de l’auteur.
C’est la vieillesse de l’art, mais il ne mourra pas. La balance du style qu’on appelle fléau. C’est le fouet intérieur donné sur le forum de la mesure de soi. Equanime expressivité ; c’est le moment d’éprouver la sagesse furieuse de l’homme d’expérience. Tristesse d’Olympio. Citons donc, pour finir, Charles d’Orléans :
Plus penser que dire
Me convient souvent
Sans moustrer comment
N’a quoy mon cœur tire.
Comme toutes les grammaires, celle de l’ambiguité qu’en rapport avec les conditions de possibilité de son objet. Ou, du moins, ce qu’on en pourrait saisir. Aussi, en tant que grammaire des possibles et de leurs conditions de possibilités ( ceci est un glissement ; en rapport avec le cinquième type d’ambiguité) ses limites correspondraient, je le crois, à celle de notre entendement :
Je regarde la grammaire comme la première partie de l’art de penser.
Condillac, Développements de l’art de penser
Petit bonheur du lundi
Petit rituel: lire la chronique de Camille LAurens sur: P.O.L Editeur Il y a là une tendresse savoureuse qui fait partir du bon pied!! Aujourd'hui, c'est sur le verbe donner... Et ça fait du bien!!!
27 novembre 2005
Avis aux maubeugeois
Sur ebay, un pantalon garance de l'armée française est à vendre.Il date de la fin du XIXe s. Il a vêtu un soldat du 125e.R.I. qui se trouvait en garnison à Maubeuge, ville dans laquelle une rue porte le nom de ce régiment...
Qu'on se le dise!!!!
"Mère fondatice" (descendante de...) et "travailleuse sexuelle"
Sidney Biddle Barrows a écrit un ouvrage, Mayflower MAdam, dans lequel elle relate sa vie de maquerelle. Elle y déclare entre autres, ceci:
"Si certains hommes sont disposés à payer pour avoir des relations sexuelles, si certaines femmes sont disposées à faire l'amour à un prix qu'elle jugent honnête et si personne ni est contraint ou n'en est victime, où est, dès lors, le mal ? Peut-être est-ce ma façon de voir toutes choses avec un œil d'entrepreneur, au sens économique du terme, bien sûr, mais lorsqu'une partie détient ce que veut l'autre et que les deux sont en mesure de passer accord, l'échange qui intervient alors est honnête et régulier.
On m'objectera que le commerce du sexe est différent parce que, soutient-on, la femme vend son corps. Mais une « travailleuse » ne vend pas réellement son corps : il s'agit là d'une expression toute faite. En réalité, elle laisse le client accéder à son corps pour une certaine période de temps et pour un certain prix, de la même manière qu'un consultant met son cerveau et son expérience à la disposition d'un client moyennant un tarif horaire, ou qu'un modèle d'artiste dispose de son corps moyennant une rémunération appropriée.
Peut-être n'est-ce pas là un raisonnement très romantique, mais le fait est que le sexe est un produit de base, comme le sont bien d'autres denrées, et que , à ce titre, il subit la loi de l'offre et de la demande. Partout dans le monde, il y a ceux qui sont en mesure de vendre et ceux qui cherchent à acheter. Il est ridicule de faire du sexe un domaine où ceux qui le veulent ne seraient pas autorisés à gagner leur vie avec leur corps. Notre société ne trouve rien à redire au fait qu'une masseuse soit rémunérée pour pétrir la chair de ses clients ou que des ouvriers, des athlètes ou des danseurs gagnent leur vie uniquement grâce à leurs ressources physiques. Pourquoi devrait-on faire une exception pour le sexe ? "
Avant de poursuivre, je tiens à préciser que cette déclaration n'engage que son auteur: je n'y suis pour rien et je la cite pour information! qu'on ne me fasse pas encore un procès d'intention. Ele explique pourquoi cete femme a eu le problème que je veux exposer.
Cette déclartion a au moins le mérite de montrer une mentalité particulière et de poser des questions. Mais ce n'est pas réellement le sujet de cet article.
Il se trouve que MAdame Biddle Barrow descend de l'un (voire deux!!!!) des pèlerins embarqués dans la grande aventure du MAyflower. Ces gens fondèrent les Etats Unis d'Amérique au XVIIe.s. Leurs descendants sont très respectés et constituent une élite reconnue, etc. ILs n'en sont pas peu fiers. Aussi, la "MAdam" en question dépare le décor... Elel n eressemble guère aux puritains du navire légendaire!!!Que faire?
C'est simple: on l'a rayé de l'annuaire regroupant les descendants des "pères fondateurs" (on ne parle évidemment jamais de "mère fondatrices", le machisme va bon train...). Bref, la vertu et la morale officielle ont tenté de falsifier l'histoire. C'est plus grave, sans doute, que de faire disparaître la cigarette de Malraux sur un timbre, autre falsification digne des retouches photographiques des grandes heures de L'URSS.
De plus, il est fort probable que tous les descendants des pèlerins du Mayflower ne sont pas des saints! Il doit bien y avoir quelques bandits dans le nombre!!!!
MAdame Biddle Barrow a protesté et, aux dernières nouvelles, elle est réintégrée dans l'annuaire en question.
Qu'en pensez-vous? Moi, ça m'amuse. MAis la falsification de l'histoire est un fait grave!!!!
encore une fois, je ne suis pas responsable de la déclaration de MAdame Biddle Barrows: elel ne saurait représenter mon opinion, ou non... Je ne suis pas dans el coup et ça n'engage qu'elle!!!Qu'on se le dise!
Encore Gourmont? Eh oui!
J'apprécie cette phrase de Gourmont (voir mes autres messages pour la référence) , cet aphorisme, qui explique, peut-être,en partie le machisme:
La plupart des hommes qui disent du mal des femmes disent du mal d'une seule femme.
On a souvent tendance à tirer des généralité d'une seule observation, d'un seul cas. C'est spécieux, mais tentant. Et c'est souvent dangereux!
Cette phrase peut aussi bien s'appliquer au racisme...
Vous reprendrez bien un peu de Gourmont ? s?
Voici encore un extrait du texte de Gourmont sur les goûts culinaires de Huysmans (il emmenait les Goncourt dans des gargotes infâmes!!!!):
On croyait qu'à partir de Là-bas, en pleine expérience religieuse, Huysmans eût enfin abandonné ses préoccupations culinaires, mais la physiologie est plus forte que tous les spiritualismes, et c'est dans ce dernier roman que les nourritures lui ont inspiré ses plus véhémentes et corrosives apostrophes. « Je découvrais, en m'étudiant à manger, les effroyables ingrédients qui masquaient le goût des poissons désinfectés, de même que des cadavres, par des mélanges pulvérulents de charbon et de tan ; des viandes fardées par les marinades, peintes avec des sauces couleur d'égout, des vins colorés par les fuchsines, parfumés par les furforols, alourdis par les mélasses et les plâtres ! » Et, plus loin : « Il se rappela un restaurant voisin où il avait autrefois mangé sans trop de crainte. Il y chipota un poisson de la dernière heure, une viande molle et froide, pécha dans leur sauce des lentilles mortes, sans doute tuées par de l'insecticide ; il savoura enfin d'anciens pruneaux dont le jus sentait le moisi, était à la fois aquatique et tombal. »
Jusqu'à quel point tout cela est-il sincère et senti ?
Quelle belle écriture!!! c'est toujours sur le site des amis de Rémy de Gourmont: un trésor de textes rares! Et souvent succulents!
Rémy de Gourmont sur Huysmans
Joli texte de Rémi de Gourmont sur Huysmans et Henry Céard! :
« Huysmans et la cuisine », Promenades littéraires, 4e série, 1912, pp. 136-148
HUYSMANS ET LA CUISINE
M. Céard a écrit un roman où il ne se passe rien. Si je me souviens bien. Une belle journée est l'histoire d'un couple qui s'embarque pour la campagne, est surpris par la pluie, entre dans un café, puis rentre à la maison. Huysmans en médita longtemps un qui eût été ainsi ordonné : un monsieur sort de chez lui pour aller à son bureau, s'aperçoit que ses souliers n'ont pas été cirés, les livre à un décrotteur, pendant l'opération songe à ses petites affaires, puis continue son chemin. Le problème était de tirer de cela trois cents pages. C'est sans doute la même difficulté qui arrêta M. Th... dans la rédaction d'une comédie qu'il avait pourtant méditée plus de dix ans. Il paraît que c'était très drôle. Je n'ai pas eu le bonheur de l'ouïr, mais j'en connais la substance, qui est brève. Un boutiquier s'en va un dimanche, à sa maison de campagne, mettre du vin en bouteilles. Incidents de l'opération. Rentrée à Paris. Voilà tout. Cela eût-il ravi à M. Céard la palme du néant ? Peut-être. C'était du moins la prétention de Th... qui reprochait à son rival d'avoir conçu une œuvre trop romanesque.
Je ne serais pas éloigné de croire que l'ironie énorme de ce personnage falot ait pesé quelque peu, durant quelques années du moins, sur l'esprit de Huysmans, et qu'il lui ait emprunté cette manie avec laquelle il a fait une bien curieuse littérature, de savourer les désagréments de l'existence, et particulièrement l'infamie des petits restaurants des environs de Saint-Sulpice et de la Croix-Rouge. Cela nous a donne un merveilleux livret : A vau-l'eau, ce poème du dégoût et de la résignation morne. Il y a de meilleures, et surtout de plus belles pages, dans l'œuvre de Huysmans ; il n'en est pas qui représentent mieux, en même temps que l'esthétique naturaliste (le romantisme de Zola en est très loin), ce pessimisme pratique qui s'ingénie à ne trouver dans la vie que des gaupes, des jocrisses et des coquins, de la bidoche et de la vinasse. Déjà, dans ses premiers livres, dans Marthe, par exemple, il y a quelques essais d'invective contre « les viandes insipides et roses, les malheureuses topettes de vin, les assiettes en pâte à pipe », mais le style n'y est pas, et cela ne surexcite nulle compassion envers les gens sans famille qui, « à l'heure du dîner, remettent leurs bottines pour aller chercher pâture dans un bouillon ». La cuisine n'a aucun rôle dans les Sœurs Vatard. Les Croquis parisiens contiennent « le poème en prose des viandes cuites au four », bien fait pour couper l'appétit le plus vivace ; c'est « le potage que le garçon apporte en y lavant, tous les soirs, un pouce » ; ce sont « les tronçons filandreux d'un aloyau sans suc », noyés dans la « quotidienne sauce rousse », mais la vraie virulence du verbe manque encore. La même « sauce rousse » revient dans En ménage, avec, cette fois, « le gigot au suif, les haricots à l'eau tiède, le plâtreux fromage blanc » ; c'est un souvenir de collège ; on notera plus volontiers le plaisir qu'il éprouve à constater, au cours d'une partie fine, « en s'enfournant une bouchée de poisson qui sentait le linge », qu'on ne peut se satisfaire « sans un peu d'illusion », et qu'il en est totalement dépourvu.
On trouve la suite sur le site des Amis de Rémy de Gourmont!!! Qu'on se le dise!