orlando de rudder

Blog d'orlando de Rudder, intellectuel arrogant et prétentieux

14 octobre 2005

Carpoffolo, Fouquier -Tinville?

Il importe que les haineux se rendent compte de ce qu'ils disent.Je rappelle les faits: j'ai cité un article sur l'ancien Tibet, et son régime odieux, fondé sur els mutilations judiciares et sur l'oprression des paysans (que mangeaient-ils les lamas? Ils ne cultivaient pas eux-même), celle des femmes dans une théocratie ignoble. Ce qui n'excuse en rien l'occupation chinoise, ignoble elle aussi (pourquoi dois-jre le dire? PArce que si je parle de l'ancien Tibet, il apparaît à certains que je ne peux que soutenir les Chinois: première projection). Et j'ai reçu ça:


tu est instruit,intelligent,et prétentieux .Tu t'es fabriqué,avec tout ce que tu as lu, appris,(les profs ont raison,c'est des profs!),imité,un bon gros égo.Tu n'as plus l'innocence de l'enfant,tu es empétré dans tes connaissances suffisantes,carcan de ta respectabilité.As-tu,une seul fois,fait l'expèrience de la méditation.Si oui,ce n'était pas de la méditation(on ne mange pas sa soupe avec une fourchette),mais une sorte de somnolence rythmée par la pensée.On parle bien de ce que l'on connais et sur l'histoire du bouddhisme,je te tire mon chapeau t'en connais un rayon,malheureusement l'essence même de cet enseignement t'as échappé.Rassures-toi,tu n'es pas tout seul.Une petite phrase "creuse" pour finir: Sois comme la fleur,épanouis toi librement et laisse les abeilles dévaliser ton coeur.
carpofolo

Posté par carpofolo, 12 octobre 2005 à 15:40
La mauvaise foi, l'éviction du vrai sujet, l'attaque personnelle. Rien sur le fond! PArce que ça gêne, pârce que j'ai brisé le "rêve tibétain"... En plus, je n'ai rien dit sur le manque d'intelligence de ceux qui ne pratiquent que la méditation, cette minuscule partie de la pensée (on parlera de sérendipité, d'épiphanie une autre fois)... J4ai juste dit: "le Tibet, c'est pas comme on le croit, comme on veut le faire croire". Et voilà....

D'autre part, un autre correspondant a protesté en disant que el journaliste(Michel Collon) qui avait intervievé un journaliste ( Michaël Parenti) qui parlait du Tibet était un "stalinien".Donc, forcément, cela infirmait le discours de son invité! !!!!!!!!
Parenti a d'ailleurs été invité par d'autres, staliniens ou pas... Quant à Collomb, c'est un excellent journaliste et j'ai apprécié sont intervuiw d'une officière de l'armée américaine critiquant la politique irakienne (voir blog de Collon)

Encore une fois, la personne de l'informateur a été mise en cause, et non pas l'information, qu'on se garde toujours bien de critiquer... Lâcheté intellectuelle, oeillères, mépris... et bouddhisme!!! car le fondement du bouddhisme est la haine des "inférieurs" ceux qui ne "savant pas méditer"!
Le message cité ci-dessus est on ne peut plus intéressant d'une certaine non-pensée, d'un esprit qui réagit "contre" systématiquement...

Si vous avez des exemples de ce genre de pensée haineuse et méprisante, qui répond aux arguments par des attaques personnelles, transmettez-lees moi: il devient important de faire l'anthologie de ce genre de bassesse! Je crois qu'il est temps de lutter contre cette forme de mentalité, qui évoque le racisme (tu ne sais pas méditer revient à "tu n'es pas des nôtres", "c'est un stalinien" c'est nier la personne de l'autre: il n'est pas de ceux qui ont le droit de parler! Et le stalinisme n'est pas où on le croit) et tous les ostracisme: nier la personne de l'autre parce que ce qu'il dit gêne... C'est extrêmement grave! JE crois qu'il faut même s'associer pour lutter ccontre ce courant dangereux! Et se surveiller, car cela peut aussi nous échapper!

Je rappeleleque le carpofolo en question ne me connais pas, ne m'a jamais vu: tout est projection, supposition, auto-persuasion... Nous sommes dans le discours religieux, en vrille sur lui-même...

Boiuddhiste oiu non, c'est flic et curé (les militaires, qui limitent l'air, ne sont pas loin!!!)

Au secours, Coluche, ils sont devenus fous!

Posté par ruru à 21:40 - foutriquets sentencieux - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Contre le fric!

Cela dit, l'abbé Réguis partageait en core l'idée devenue caduque du mépris de l'argent. Et même de son impureté.Il condamnait l'intérêt, comme le prêt à terme et semblait avoir le pureté de l'Islam ancien pour ce qui concerne le dégoût pour la banque, les emprunts, l'usure. Bref: le monde actuel.

Vous regarderez d’abord avec complaisance une petite somme que vous aurez rservée pour le besoin et pour de très bonnes vues. S’il vous prend envie de l’augmenter, de l’arrondir, de faire un petit capital et que vous succombiez à la tentation, vous êtes perdus : c’est un chancre qui vous rongera jusqu’aux os ; c’et une gangrène qui a gagné votre cœur, qui tuera votre âme ; et il vaudrait preque autant, Dieu me prdonne, que vous eussiez apostasié. Abbé Réguis, curé de Gap, La voix du pasteur, Discours familiers d’un curé à ses paroissiens pour tous les dimanches de l’année 1773. In Bernard Groethuysen, Les origines de l’esprit bourgeois en France, 1927.

Notons tout de même que les pays arabes ont bien oublié la condamnation de l'agiotagee t du prêt à intérêt! LEur banques vont bien, merci... Tout musulman qui a un livret de caisse d'épargne est un jeanfoutre! C'est interdit! Hou les cornes! Hou le vilain!

C'est drôle! Cette loi, cette tradition n'est pas respectée! Se faire du fric, pratiquer l'usure, agioter, spéculer doivent être moins graves que de manger du porc, lapider une femme ou exciser une gamine...

Evidemment, si on devait lapider tous les spéculateurs, tous les banquiers, tous les prêteurs, touts les emprunteurs, ça ferait un sacré boulot!

Pauvre abbé Réguis! Il ignore que Dieu, le Dieu des chrétiens nous fait naître avec une dette à payer, et nous donne un carnet de chèques, le baptême afin de racheter. Et nous vivons à crédit, en attendant le paradis, la fin du prêt à taux variable!

V(ivre) le lib (ation) et v(ivre) la lib (erté)!

L'ivresse est la femelle du livre! Alors, si l'on n'en connaît qu'un, et que c'est le Coran, la Bible, la Baghavad ghita ou le Popol Vuh, ça ne suffit pas: anorexie, atonie, asthénies d'amour...

LEs livres? A consommer avec action moderne: un seul livre? bonjour les dégâts! Plein de livres et ça libère d'autant!

Lire est naturel, beaucoup plus que de semer ou planter, premeirs actes contre nature qui ont fait la grandeur humaine!

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anti intellectualisme

La peur de la pensée "hors noirmes" ne date pas d'hier. Et le confortable antiintellectualisme, compagnon de route du racisme, du machisme et de l'homophobie, a une longue histoire! On eszt loin de Rabelais, l'"intellectuel" à l'état pur! Voici un curé d'avant la révolution:

Or, après avoir examiné les choses de plus près, je trouve, et mes Confrères trouvent aussi, que la plus grande partie de ce que nous avons de moins chrétien dans nos paroisses est comprise dans le nombre de ceux qui ont été aux écoles ; et que tout ce qu’il y a de plus simple, de plus innocent, de plus chrétien ne sait ni lire ni écrire.
Abbé Réguis, curé de Gap, "La voix du pasteur, Discours familiers d’un curé à ses paroissiens pour tous les dimanches de l’année 1773". In Bernard Groethuysen, Les origines de l’esprit bourgeois en France, 1927.


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Pendule


Pendule.
Sale pendule ! Horreur ! Ca donne l’image du temps !
La semblance des minutes
Et le portrait des heures !
Comme la fille des rues qui vend…
qui vend quoi ?
Le reflet du désir !
Et l’ombre du plaisir au son du lavabo !
Tic-tac ! Glou-glou !
Salope !
Glou-glou ! Tic-tac !
Putain !


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Krishnamurti

La résistance aux courants de pensée dominants en Inde a donné de fortes personnalités. Gandhi, bien entendu. Et Salman Rushdie dont on oublie souvent le talent, à cause du scandalre qui l'a fait connaître de certains. Mais, aussi,entre autres, Krishnamurti qui a refusé de devenir une sorte de "Dieu vivant" et qui n'a pas "marché dans la combine"... Il semble bien oublié aujourd'hui! Ce n'est pas innocent: il dérange!
Il devenait un gourou comme les autres, quand il a refusé le cirque habituel. Il a dispersé ses disciples en expliquant qu'il ne voulait pas faire ainsi dans l'ordinaire. Il a refusé la facilité. Il a très bien senti qu'il aurait pu jouir d'un pouvoir et l'a refusé. Une honnêteté scrupuleuse est, à mon avis, sa caractéristique principale.
Sa pensée demeure forte et très éloignée du ronron habituel de l'Inde, comme d'ailleurs. Parfois, des choses m'échappent: je ne comprends pas tout et j'aime ça: je veux continuer d'être un éternel apprenti. Krishnamurti évite els phrase définitives: il faut suivre son raisonnement comme ses épiphanies. Il montre parfois une certaine sérendipité fort agréable. Il n'est pas si facile d'accès, encore qu'il soit clair. Rien ne ressemble moins aux simplifications abusives des "foutriquets sentencieux"!

Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais il y a une profondeur qui n'est pas que de façade dans ce qu'il dit et écrit.Par exemple:


La pensée est temps. La pensée est née de l'expérience, du savoir, inséparables du temps. Le temps est l'ennemi psychologique de l'homme. Notre action est basée sur le savoir et donc sur le temps, ainsi l'homme se trouve toujours esclave du passé.

Son discours "la vérité est un pays sans chemin" est quasiment une déclaration de guerre contre le système du gourou et de ses disciples. Voilà un homme de rigueur, de courage et de grandeur.

L'esclavage du passé se retrouve dans la pensée religieuse un peu partout. elel invente les traditions.On en reparlera! Chez Krishnamurti, en dehors de cette phrase qui, bien entendu, résume, on peut suivre un vrai discours sur el temps et la durée. Quelque chose de passionnant et de fort profitable. Il y a de la passion chez cet homme calme.

Krishnamurti est difficilement récupérable. Il doit même paraître odieux à certains. Aussi l'a t-on soigneusement oublié... Cependant, en Inde, des penseurs ont actuellement quelque parenté avec lui et résistent au conformisme ambiant. (certains sont en prison!)... Il faut les soutenir!

Posté par ruru à 08:51 - notes de lecture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

De qui est-ce? Réponse.

C'est Saint-Just! Oui, le "buveur de sang", celui qui a déclaré "pas de liberté aux ennemis de la liberté"!, Le fournisseur de la guillotine!
Ce massacreur écrivit un roman à l'eau de rose, Organt, extraordinaire de sensiblerie et de style ampoulé, lyrique et marrant. Ce style contraste avec ses déclaration abruptes dans la vie politique. LEs héros pleurnichent tout le temps et l'on se pâme devant une rose à chaque page. C'est du niveau des Harlequins, avec un style prétentieux et ronflant.
Saint-Just était un mystique. La pensée par "slogans", par phrases définitives ou apophtegmes le dévoile. Végétarien, sensible, émotif, il préféraitles bêtes aux hommes qu'il voulait, évidement, délivrer de l'oppression. IL était absolument sincère et pétri d'idéal! Persuadé d'agir ppur le bien, il ressemble à tant et tant de mystiques politiques ou religieux qui ont sali l'humainté depuis des millénaires. Et la phrase citée, pourrait, en effet, venir du Dalaï-LAma ou d'un saint quelconque.

PArmi les "écrivains" de la Révolution qui furent aussi ses acteurs, il y eut aussi MArat, qui rédigea les Mémoires du jeune comte Potocki, dégoulinance historique, lacrymale et guerrière au glucose pimenté de batailles admirables.

Plour la fine bouche: je m'amuse parfois à faire lire un extrit d'un "roman d'apprentissage" qui plaît énormément. On y raconte l'arrivée d'un jeune homme, artiste, dans une ville, et sa misère. C'est poignant, c'est écrit avec efficacité. Ca marche à tout les coups et l'on compatit à la détresse de ce miséreux d'autrefois, foutrement romantique. Il s'agit de l'extrait de Mein Kampf dans lequel Hitler raconte ses débuts dans la vie! On pleure!

Ouvrons les yeux! Evitons les clichés dans la vie comme dans les phrases! Ou alors, détournons les, comme le cher Alphonse allais, qui se moquait des formules totues faites et déclara:

Le Phénomène appelé "froid" s'accompagne généralement d'un abaissement de la température.

Puiere Dac fut aussi l'un des dénonciateurs burlesque de la pensée par phrases courtes... Réflexe de santé!

La phrase de Saint-Just a beaucoup été attribuée au Dalaï-Lama. Shakti a fait la même erreur avec humour! Car beaucoup n'osèrent pas s'avancer! JE crois que j'aurais dit la même chose si je n'avais pas connu cette phrase.

Posté par ruru à 07:30 - foutriquets sentencieux - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Médicaments, tristesse, deuil.

Quelques joursq après l'enterrement de mon père, je suis allé à un rendez-vous pris depuis longtemps chez mon médecin. Peu en importent ici les raisons. J'ai évidemment parlé de mon deuil au praticien. Alors, il m'a proposé de me faire une ordonnance pour je ne sais quel tranquillisant ou anxiolytique, calmant... J'ai pris la chose très mal. Peut-etre un peu trop: il croyait bien faire...
JE pleurais mon père.J'avais de la peine. Allaos-je accepter une substance qui éviterait ce chagrin? ien sûr que non! Cette souffrance était légitime. Et peut-être la devais-je à la mémoire de Papa. Qui serais-je si j'avais pris le moyen d'y être indifférent? Il me fallait ce deuil, cette tristesse. Elle était aussi légitime que nécessaire... Et j'ai voulu l'affronter, parce que c'était juste. J'ai pleuré. Et ma peine dure encore.
Bien sûr, dans certains cas, ces médicaments peuvent avoir une utilité. Mais, en règle générale, je pense qu'il faut apprendre à transformer le stress en ferveur, la dépression en mélancolie active et féconde. Celle de Rabelais, de Dürer, de Sei Shonagon... Et éviter de trouver le calme, l'absence de passion, le néant. Etre humain, quoi.
Dans le cas du deuil, cela m'a paru particulièrement grave. La mort d'une personne aimée fait aler au fond de soi, certes, mais là n'est pas seulement la question. Il s'agit de vivre, touot bêtement. D'accepter la tristesse en disant "je veux bien, oui", comme Molly Bloom quand elle s'offre. De la prendre en soi, sur soi, de l'assumer. De souffrir. Et ce n'est pas du masochisme mais une dignité: celle de l'amour envers quelqu'un qu'on aime. Aller au bout de l'épreuve. Vivre. Aimer. Respecter.
Maintenant, "je suis l'ancêtre", il n'y a plus personne derrière moi; c'est ce que Paul Auster appelle "L'Invention de la solitude", titre d'un de ses livres. Quelque chose me manque. Mais j'ai aussi un peu plus à donner. Bah! Nous avancerons tous un jour sur le chemin d'Abraham ou de Gilgamesh!
Et j'aurais pu éviter cela avec quelques pilules. Eviter l'amour?
Mon père m'a beaucoup donné. Il m'a aussi donné ce chagrin. Je l'ai en moi. Il devient doux, tendre. Il devient mémoire et souvenirs émus. Chaque jour. Mon père me manque.
MAintenant, j'évite les piklules qui rendent zen. Comme c'est bas! Si la vie me fait souffrir, j'essaie d'assumer. Cela dit, tout peut arriver et, après tout, c'est parfois nécessaire de se faire aider ou soigner. MAis je préfère, à tout prendre, l'inquiétude inhérente à la vie. Et le rire qui va avec. Et l'amusement de soi-même quand on se trouve bien ridicule de chialer comme un veau.
Et, malgré tout cela, il y a dans mon coeur un grand plaisir d'être. Le bonheur, peut-être de devenir soi-m$eme: que ma joie demeure.Et c'est encore quelque chose que mon père m'a enseigné!

Posté par ruru à 07:07 - nostalgie énergique en vrac - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Hitler au Tibet


Trimondi et Trimondi n'ont pas seulement étudié la société tibétaine avant les Chinois. Ils soytn allés plus loin en explorant les mythes fondateurs du tibet et, après d'autres chercheurs, ont pu montrer l'incroyable dureté de cette société guerrière.
LEs informatio,ns existaient auparavant. elles se trouvaient dans els livres tibétains qui, loin de blâmer le systèmes, en chntaient les louanges. Le Kalachakra, l'appel à la haine est toujours officiel chez les lamas. Et, bien entendu l'influence du tantrisme....

De plus, on retrouve (voir ci-dessous) des gens bien connus en Europe pour certaines orientations parmi les admirateurs inconditionnels de ces barbaries. Le groupe de l'ancienne revue mystico-cucul Planète, par exemple!
L'ouvage des Trimondi résume et cite ce qu'on peut trouver dans les textes authentiques dont certains ne sont pas accessibles, sauf aux érudits...

PRESENTATION DU LIVRE

« HITLER – BOUDDHA – KRISHNA »

Une alliance funeste, du Troisième Reich à aujourd´hui

L’intérêt général pour l’histoire du national-socialisme s’est fortement accru dans les dernières années. A ce propos de nouveaux aspects sont apparus dans la recherche et l’interprétation. L’environnement personnel d’Hitler et son rapport avec les femmes étaient et sont des thèmes permanents dans les médias. Il est également digne d’attention que l’interprétation du national-socialisme comme « religion politique » et comme « mouvement de culte » ait suscité une attention toujours plus grande. Il est probablement moins connu que dans la SS, en particulier dans l’Ahnenerbe SS, étaient ouvertement discutés le contenu et la forme que devait avoir une « religion NS » restant à créer. Cette organisation SS avec Heinrich Himmler à sa tête se considérait selon ses propres mots comme la « troupe d’avant-garde de la recherche sur la religion allemande ». Tous les membres dirigeants de ce « laboratoire religieux » partaient du principe que la croyance des hommes de pure race aryenne était pratiquée depuis les origines et qu’elle devait être redécouverte et restaurée.

A l’aide de très nombreuses sources venant des archives, de la littérature de seconde main et des écrits SS, nous pouvons prouver que dans cette restauration d’une religion aryenne originelle, ses idées, philosophies, mythologies, visions, dogmes et pratiques sacrées sont avant tout venues des courants religieux de l’Orient. Il se forma un milieu fasciste scientifique et culturel, qui proclama que le bouddhisme, les Védas, les Puranas, les Upanishads, la Bhagavad-Gîta, le yoga, et même le tantrisme étaient les fragments spirituels d’une religion originelle indo-aryenne et antisémite disparue. En outre eurent lieu des emprunts aux milieux culturels tibétains, mais aussi à la tradition japonaise du Zen et des Samouraïs. Dans l’héritage archaïque d’un Orient despotique et guerrier, les idéologues NS purent trouver des orientations et des théories :

- pour l’apothéose du « Führer »

- pour l’organisation de la société en castes raciales

- pour la sacralisation de la guerre et des guerriers

- pour le contrôle absolu des sens

- pour la manipulation de la conscience

- pour le rapport de la politique de puissance avec les symboles et les rituels

- pour la signification de la pratique archaïque des sacrifices

Le livre comprend deux parties. La première partie se concentre sur l’activité politico- religieuse à l’intérieur de l’Ahnenerbe. Là seront discutés et débattus les emprunts faits aux religions orientales, non seulement théoriques mais aussi ésotériques, car Himmler, chef de l’organisation, encourageait les deux sortes de pensée. Nous arrivons là – de manière totalement surprenante – à une discussion

- sur la question de la réincarnation

- sur la loi du karma

- sur les pratiques de méditation bouddhiques

- sur l’éthique des Samouraïs

- sur la mystique guerrière de la Bhagavad-Gîta

- sur Hitler comme Roi du Monde divin (Chakravartin)

Il est vraiment sensationnel que de tels thèmes du brain-trust idéologique d’Himmler soient traités de manière intensive, variée, visionnaire et absolument « informée ». Cette partie du livre examine également la connexion Nazisme-Tibet.

La deuxième partie du livre expose le testament funeste qui fut légué par l’Ahnenerbe et donne un aperçu du néo-fascisme religieux, de l’après-guerre jusqu’à nos jours. Il s’agit d’un courant occulte de la sous-culture, déjà très puissant dans les mythes, les modèles religieux, les dogmes, le fantastique et la science-fiction, les théories du complot, les visions, l’imagination, les doctrines et les superstitions ésotériques, si étroitement associés à l’idéologie et à l’histoire NS qu’ils forment un tout. En l’occurrence, l’élément culturel indo-tibétain est si marqué que l’on doit véritablement parler d’une « doctrine indienne au contenu national-socialiste ». Hitler apparaît ici comme un avatar, comme l’incarnation du dieu hindou Krishna, comme bodhisattva et comme chakravartin (souverain sacré du monde). Dans la deuxième partie est aussi présenté et débattu l’intérêt des milieux fascistes pour le rituel tibétain du tantra de Kalachakra.


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Ueberreuter Verlag - 640 Seiten,

Leinen mit Schutzumschlag

ISBN 3-8000-3887-0 - Euro: 29,90

Qui sont les plus importants porteurs d’idées, présentés dans ce livre ?

Le livre « Hitler – Bouddha – Krishna » présente les biographies et les idées des idéologues nazis les plus importants, en prenant particulièrement en considération l’influence orientale et spécialement bouddhiste sur leur pensée et leur projets visionnaires. Les protagonistes pour l’époque d’avant 1945 sont :

Heinrich Himmler, Reichsführer SS, architecte du meurtre de masse et admirateur de la philosophie orientale. Citation de Himmler : « J’admire la sagesse des fondateurs de la religion hindoue ». Himmler adhérait à la doctrine bouddhiste du karma et de la réincarnation.

Walther Wüst, Standartenführer SS, Administrateur de l’Ahnenerbe SS, recteur de l’Université de Munich et orientaliste. Wüst doit être considéré comme le véritable élément moteur du « laboratoire religieux » de l’Ahnenerbe SS. Il pensait que les fondements d’une religion NS à créer devaient se trouver dans les textes védiques et bouddhistes de l’Inde.

Le fondateur du « Mouvement de la Foi Allemande » et futur Hauptsturmführer SS, Jakob Wilhelm Hauer. L’indologue et sanskritiste travailla sur la typologie d’un yogi guerrier invincible qu’il tira de la Bhagavad-Gîta et des écrits bouddhistes.

Le Brigadeführer SS Karl Maria Wiligut (le « Raspoutine de Himmler »), occultiste dans l’Ahnenerbe. Il prétendait avoir des contacts mentaux avec les lamas des monastères tibétains.

Les chercheurs SS en tibétologie Ernst Schäfer et Bruno Beger considéraient le lamaïsme comme une véritable caverne au trésor, dans laquelle était conservée la connaissance aryenne originelle. Le livre discute aussi des rapports de Sven Hedin avec le régime NS et avec Hitler.

Le spécialiste du Japon, géopoliticien et président de l’Académie allemande, Karl Haushofer. Il considérait le fascisme d’Etat shintoïste comme un exemple digne d’être imité par le national-socialisme.

Les spécialistes allemands du bouddhisme Zen, Eugen Herrigel et Karlfried Dürckheim, tentèrent de relier le national-socialisme à la philosophie Zen.

Le philosophe fasciste Julius Evola, dont la pensée eut une influence durable sur la SS, et aussi jusqu’à nos jours. L’édifice de la doctrine traditionaliste d’Evola était essentiellement basé sur les doctrines du bouddhisme et du tantrisme.

Le mystique SS du Graal Otto Rahn et les milieux néo-bouddhistes en France, avec lesquels il était en relation. Sous cette influence, Rahn prétendit que le « Graal des Cathares » devait être un « symbole spirituel issu du bouddhisme [ !] ».

L’orientaliste français, chef de la police secrète française (S.S.S.) et collaborateur des SS, Jean Marquès-Rivière. Il passe pour être un des chercheurs occidentaux les plus importants sur le tantra tibétain de Kalachakra.

La première partie du livre examine aussi les groupuscules anti-bouddhistes dans le Troisième Reich et, dans le chapitre « Collaborateurs, opportunistes ou persécutés ? », le rôle des bouddhistes à l’époque nazie.

Sera également examinée chez les protagonistes du néo-nazisme religieux

l’importante influence indo-tibétaine sur leur pensée

La « prêtresse d’Hitler », Savitri Devi. Cette convertie à l’hindouisme a contribué de manière décisive après la guerre à la sacralisation d’Hitler et à établir le national-socialisme comme une religion sectaire quasi-hindoue.

Les inventeurs des « mystères nazis », les deux occultistes français Jacques Bergier et Louis Pauwels, ainsi que l’anglais Trevor Ravenscroft. Les trois auteurs ont lié le national-socialisme au mythe indo-tibétain de Shambhala.

Les idéologues du « Soleil Noir », les deux viennois Wilhelm Landig et Rudolf J. Mund ainsi que l’auteur Jan van Helsing. Ces auteurs pensent que le lamaïsme tibéto-mongol et la doctrine ésotérique du national-socialisme doivent avoir une source commune dans l’Atlantide.

Miguel Serrano, diplomate chilien et fondateur de l’« Hitlérisme ésotérique ». Serrano est un connaisseur de la doctrine tantrique. Les bases de son édifice doctrinal raciste sont d’origines indo-tibétaines.

Que signifie le titre du livre

« Hitler – Bouddha – Krishna » ?

Avant la guerre mondiale plusieurs des idéologues nazis avaient déjà tenté de présenter Hitler comme le dernier maillon d’une chaîne indo-aryenne de rois divins et de philosophes. Des fondateurs de religion comme « Bouddha » et des dieux héroïques comme « Krishna » furent présentés comme des maîtres à penser et des précurseurs du dictateur. Cette apothéose atteint son apogée dans l’œuvre du diplomate chilien Miguel Serrano, qui vénère Hitler comme le 10ème avatar du dieu Krishna/Vishnou. Pour cette raison le dictateur allemand est immortel pour Serrano et réapparaîtra comme « Vengeur » lors de l’apocalyptique Guerre Finale [Endkrieg] pour établir la domination mondiale de la race aryenne.

Qu’ont recherché et trouvé les idéologues nazis en Inde?

La culture indienne classique était pour eux une réserve, dans laquelle la sagesse d’une culture aryenne originelle devait avoir survécu.

Dans les textes indiens ils trouvèrent les fondements religieux d’une religion guerrière cruelle et d’une éthique guerrière inhumaine.

Dans le système hindou des castes ils virent un modèle d’orientation sociale qu’ils pourraient combiner avec leur idéologie raciale.

L’institution d’origine indienne du « Roi du Monde » fut associée par eux au « principe du chef » [Führerprinzip] et appliquée à Hitler.

A partir du tantrisme indo-tibétain ils élaborèrent une étrange théorie sexuelle fasciste.

Quel intérêt particulier avaient les idéologues nazis

pour la Bhagavad-Gîta ?

Heinrich Himmler portait sur lui en permanence un exemplaire de la Bhagavad-Gîta. Il comparait Hitler avec le dieu Krishna entrant en scène dans cette poésie doctrinale.

La Bhagavad-Gîta était considérée comme un catéchisme pour les SS. C’est pourquoi beaucoup d’idéologues NS faisaient sans cesse référence aux textes guerriers hindous.

La philosophie de la Bhagavad-Gîta sera utilisée après la guerre par l’extrême-droite pour légitimer Auschwitz.

Quel intérêt particulier avaient les idéologues nazis

pour le bouddhisme ?

Bouddha était pour eux un « Aryen » et le bouddhisme une « doctrine aryenne ».

Ils soulignaient les aspects guerriers et virils du bouddhisme.

Le bouddhisme était pour les idéologues nazis une pure doctrine de puissance.

Les doctrines du yoga et les pratiques de méditation du bouddhisme seront recommandées comme discipline spirituelle pour les « guerriers ».

Qu’ont recherché et trouvé les idéologues nazis au Tibet ?

Les idéologues nazis étaient convaincus qu’au Tibet avaient survécu les vestiges d’une race aryenne originelle et ils organisèrent une expédition pour les retrouver.

Ils pensaient que dans les textes du lamaïsme et dans les monastères tibétains était conservée la connaissance des anciens Aryens. Les tibétologues de l’Ahnenerbe SS devaient décrypter cette connaissance par des traductions et par l’analyse des textes.

Les tibétologues SS étaient fascinés par le caractère magico-occulte de la culture lamaïste. Certains occultistes à l’intérieur de l’Ahnenerbe SS croyaient même être en contact psychique avec les lamas tibétains.

Les deux chefs de l’expédition SS au Tibet, Ernst Schäfer et Bruno Beger, se sentaient particulièrement attirés par les aspects morbides et guerriers du bouddhisme tibétain.

L’Himalaya furent un objectif de conquête privilégié de l’alpinisme SS.

Qu’ont recherché et trouvé les idéologues nazis au Japon ?

La philosophie guerrière des Samouraïs (le Bushido) fascinait les SS. Himmler écrivit la préface d’une brochure sur les Samouraïs, laquelle fut distribuée en 52.000 exemplaires dans la Schutz Staffel.

Divers thèmes de la tradition samouraï seront débattus dans la SS.

Des nippologues allemands et des germanistes japonais effectuèrent une étude « théologique » comparée du « principe du chef » national-socialiste et de l’ « empereur divin » shintoïste.

Les spécialistes allemands du bouddhisme Zen, Eugen Herrigel et Karlfried Dürckheim, tentèrent de combiner la philosophie Zen et le national-socialisme.

Quel rapport le Tantra de Kalachakra et le mythe de Shambhala

ont-ils avec le national-socialisme ?

Le Tantra de Kalachakra était un thème de recherche particulier dans l’Ahnenerbe SS.

La vision de Shambhala inscrite dans le Tantra de Kalachakra est devenue un thème mythologique central du néo-nazisme religieux.

Une grande partie des thèmes traités dans le Tantra de Kalachakra (vision cyclique du monde, Roi du Monde, utilisation d’armes miraculeuses, rituels magico-sexuels, etc.) sont des thèmes centraux du fascisme religieux.

Le Tantra de Kalachakra est dirigé contre les religions monothéistes, toutes trois d’origine sémitique, et fut pour cette raison utilisé par les milieux radicaux de droite et les milieux antisémites pour une propagande raciste.

Les contacts du XIVè Dalaï-Lama, en tant que Maître du Kalachakra du plus haut rang, avec des représentants du fascisme religieux et avec d’anciens SS.

Quels thèmes culturels et philosophiques seront-ils discutés dans ce livre ?

Le national-socialisme en tant que « religion politique ».

La tentative de sacralisation du « Führer », de la « race » et de la « guerre ».

La création d’un « dieu guerrier » national-socialiste et la mythification de la SS.

Le sacrifice fondateur culturel d’une religion NS par la deuxième guerre mondiale et par Auschwitz.

Le fantasme du néo-fascisme religieux.

Une comparaison culturelle entre les projets religieux orientaux et la vision du monde NS.

Pourquoi ce livre est-il d’une actualité brûlante ?

Le néo-nazisme religieux, qui se rattache à la construction religieuse indo-aryenne de l’Ahnenerbe SS et qui la développe, se propage d’une manière effrayante au niveau international.

L’« importation culturelle » de systèmes religieux orientaux en Occident s’est puissamment accrue, sans que leur contenu inhumain, leurs pratiques ataviques, leurs visions de puissance politico-religieuse et leur histoire guerrière ne soient contestés.

Le fondamentalisme religieux et le totalitarisme fasciste ont beaucoup de similitudes et ont tendance à se combiner l’un à l’autre. Des concepts hautement actuels comme ceux de « guerrier divin », d’« Etat de Dieu » et de « guerre des religions » sont aussi des modèles d’orientation dans le néo-nazisme. Les sources d’inspiration de celui-ci se trouvent cependant moins dans les religions sémitiques (judaïsme, christianisme, islam) que dans les croyances orientales.

Du 11 au 22 octobre 2002, un méga-rituel du Tantra de Kalachakra a eût lieu à Graz/Autriche sous la direction du XIVe Dalaï-Lama, rituel qui est examiné en détail dans « Hitler – Bouddha – Krishna ». La presse, la radio et la télévision autrichienne étaient pleine d’articles, d’émissions et de discussions acharnées concernant les rapports entre le fascisme religieux, les contenus guerriers et fondamentaliste du rituel du Kalachakra ainsi que la contribution idéologique fatale du rituel du Dalai Lama pour la « guerre des religions ».

A quel public s’adresse ce livre ?

Tous ceux qui s’intéressent à « l’énigme hitlérienne » et à l’histoire du « Troisième Reich » en général trouveront ici une nouvelle interprétation du national-socialisme, reposant sur des faits jusqu’ici totalement négligés ou à peine connus.

Il s’adresse d’autre part à tous les lecteurs et lectrices qui étudient les thèmes des religions, du combat des cultures, du fondamentalisme, de la terreur religieuse, du « guerrier divin » et de la spiritualité orientale (lamaïsme, bouddhisme, tantrisme, zen, etc.), de la philosophie de la culture, de la politologie, de la psychologie, de l’ésotérisme, de la critique idéologique et des thèmes scientifico-culturels.

© Ueberreuter Verlag / Vienne

Traduction: Franz Destrebecq

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nazis au tibet (comme tintin?)

LA fascination des nazi pour le Tibet s'explique finalement assez bien: le mythe de la "race supérieure", la vocation guerrière sanguinaire des anciens tibétains, la division sociale (parallèlement le sysrème des castes de l'Inde fascinait évidemment les nazis) et la torture judiciaire ne pouvaient que renforcer le rêve nazi du retour aux origuines supposées. Le ridicule nazi a été jusqu'à un film. La célébration du Tibet par les fidèles d'Hitler louait ce pays pour des raisons absolument opposées de celles qui en font la "mode" actuelle! Là où l'on admir, en Occident, la non-violence supposée des lamas, les nazis admiraient leur cruauté et leur autorité dictatoriale! Là où l'Occident admire la paix et la sérénité, les nazis admiraient le caractère impitoyable des guerrier et la haine meurtrière!!!!

Voici ce qu'on en dit sur le site Hitler buddah Krishna:

La connexion Nazis-Tibet

Un exposé de Victor et Victoria Trimondi

LE FILM SS « LE SECRET DU TIBET »

Le scientifique Ernst Schäfer, fils d’un influent industriel de Hambourg, avait déjà participé dans les années trente du siècle précédent à deux expéditions au Tibet sous la direction américaine de Brook-Dolan. En 1936, il retint l’attention de Heinrich Himmler qui le nomma immédiatement « SS-Untersturmführer [sous-lieutenant] dans son Etat-major personnel. En 1938, l’« Expédition SS Schäfer » fut créée. Dans l’Ahnenerbe SS, où étaient rassemblés les intellectuels et les universitaires de l’Ordre Noir, on discutait de l’existence d’une religion guerrière raciste indo-aryenne ensevelie, à partir de laquelle, entre autres, des « enseignements de sagesse » orientaux, comme par exemple le bouddhisme, devaient s’être développés. Retrouver et reconstruire cette « religion d’origine » était une demande prioritaire de Himmler et de son équipe de chercheurs, à laquelle appartenaient aussi des orientalistes éminents. Ainsi, l’expédition SS au Tibet eut des objectifs non seulement scientifiques et militaro-politiques, mais aussi religieux et occultes. Ses chercheurs nazis allèrent dans l’Himalaya avec les missions suivantes :

1. Pour prouver que là, dans les « temps d’origine », une race blanche aryenne avait régné. Dans cette intention, des recherches archéologiques et des dénommés « examens de science raciale » furent pratiquées sur des habitants du pays.

2. Pour rechercher dans les monastères tibétains les écrits, dans lesquels le savoir de cette religion indo-aryenne d’origine était contenu.

3. Pour conduire des recherches météorologiques, zoologiques et géologiques.

4. Pour recueillir des informations militaro-stratégiques, en particulier sur l’influence de l’Angleterre dans cette région.

En août 1939, l’« Expédition SS Schäfer » revint en Allemagne et fut reçue en grande pompe par Himmler à l’aéroport de Munich. Pour ses résultats extraordinaires, l’explorateur du Tibet reçut la bague SS à tête de mort et le poignard SS d’honneur. Au printemps 1942, alors que l’armée allemande avait déjà profondément pénétré à l’Est, le Reichsführer SS ordonna de développer la « Recherche au Tibet et en Asie ». Celle-ci devenait maintenant une « recherche pour des buts d’importance de guerre » et tombait dans la catégorie de « mission scientifique de guerre ».

Durant ces années, Schäfer développa avec un succès remarquable le Sven Hedin Institut für Innerasienforschung [Institut Sven Hedin pour la recherche en Asie centrale] comme subdivision de l’Ahnenerbe SS. La véritable inauguration de l’Institut eut lieu le samedi le 16 janvier 1943 à l’Université Ludwig Maximilian de Munich. Dans la matinée le titre de docteur honoris causa fut décerné à l’explorateur suédois de l’Asie Sven Hedin par le recteur de la faculté des sciences naturelles, Walther Wüst. L’après-midi on projeta pour la première fois le film de Schäfer Geheimnis Tibet [Le secret du Tibet] au Palais de l’UFA, au 8 Sonnenstrasse. Sven Hedin fut complètement enthousiasmé. « Grandiose, merveilleux, ce que nous avons vu ici ! » – s’écria-t-il et il serra à nouveau la main au jeune SS-Untersturmführer Ernst Schäfer : « Vous êtes l’homme qui devait continuer mes recherches et qui doit les continuer ! » – lui dit-il. Schäfer fit de l’Institut Sven Hedin le plus grand département de l’Ahnenerbe SS.

Les succès à l’Est de l’armée allemande et de l’axe Berlin-Tokyo conduisirent à un intérêt général pour l’Asie. Ainsi, les médias allemands étaient remplis de reportages sur le Japon, la Chine, l’Inde, la Mongolie et le Tibet, et le film Le secret du Tibet convenait parfaitement aux buts de la propagande. Les objectifs suivants étaient ainsi poursuivis :

1. Un réchauffement de l’enthousiasme guerrier général.

2. La glorification des guerriers d’élite allemands dans l’espace asiatique

3. Un autoportrait de la SS comme un institut de recherche, qui s’occupait de relier la science et l’aventure.

4. La présentation des Tibétains comme des alliés possibles contre l’Angleterre, en particulier contre l’Inde en tant que colonie anglaise.

5. Une documentation de la recherche raciale indo-aryenne, qui devait prouver l’existence d’une culture blanche avancée, ensevelie dans l’Himalaya.

6. Un intérêt pour les rituels magiques du lamaïsme.

La version du film Le secret du Tibet, qui était à notre disposition, commence par les aspects guerriers et agressifs de la culture tibétaine. Ceux-ci sont aujourd’hui à peine perçus par le grand public, car l’« ancien Tibet » est faussement représenté en Occident comme un Etat monastique aimant la paix, dans lequel la majorité de la population s’adonne à des pratiques spirituelles. Dès le début du film le spectateur est plongé dans la « danse de guerre » du dieu protecteur tibétain sanguinaire Mahakala, le terrible Seigneur de la mort et de la terreur, dans une ambiance guerrière appropriée et excitante. Dans le scénario on peut lire la phrase suivante : « Les meilleurs des nobles guerriers rendent hommage au Mahakala. Ils montrent la force, la dureté et la discipline les plus élevées à leur dieu de la guerre ».

Dans la séquence « Taschilhuenpo et Schigatse », dans laquelle Schäfer présente l’armée tibétaine, nous avons aussi un aperçu du militarisme de l’Etat du Dalaï-lama : « Ainsi, le drapeau de guerre devient le symbole du pouvoir central. » – est-il dit de la décision du XIIIe Dalaï-lama de créer une armée permanente. Tout aussi martiale est la séquence sur « la célébration du Jour de l’An » : « C’est l’ancien Tibet héroïque » –, proclame avec enthousiasme un orateur – « au milieu de la fête de l’Eglise il s’est retrouvé, viril et dur, loin de tout amollissement monastique ». Tout se termine par une parade militaire, qui doit rappeler aux visiteurs les armées de Gengis Khan : « Armes aiguisées ! – annonce le premier. – Bonnes selles ! – annonce le deuxième. – Chevaux rapides ! – le troisième. – Guerriers courageux ! – Alors ils repartent vers l’endroit d’où ils sont venus – des steppes et du désert ».

Dans le dénommé « camp des morts » du film sont montrées des images morbides du dépècement et de la consommation des cadavres par des vautours, présentés comme des « cercueils volants » dans le scénario. Les SS étaient particulièrement intéressés par de telles scènes macabres de la culture tibétaine, comme nous l’avons montré dans notre analyse « Hitler-Bouddha-Krishna ». De même, ils étaient fascinés par le côté magique du lamaïsme. Très impressionnantes sont les séquences du « Netschung-Lama », l’oracle d’Etat tibétain, un médium, qui transmet les conseils d’un dieu guerrier mongol du nom de Pehar et qui contribue encore aujourd’hui de façon décisive aux décisions politiques du XIVe Dalaï-lama. « Un démon vivant rempli d’un pouvoir énorme », écrit Schäfer à propos de cette scène – « En lui s’incarne l’ancienne divinité du Tibet qui existait avant les lamas. Il porte le bonnet géant des anciens prêtres magiciens ». L’image de ce lama magicien de la secte des bonnets rouges décorait aussi la carte d’invitation pour la première du film Le secret du Tibet. L’orientation raciste du film de propagande est montrée en détail par les mesures et les examens crâniens de Beger.


La carte d’invitation à la première du film Le Secret du Tibet portait

une photographie du célèbre Maître Phurba, Ling-tsang Gyalpo, de la

tradition tibétaine Nyingma. Il était considéré comme une incarnation

du demi-dieu guerrier Gesar de Ling.



Bien qu’il présente un autre pays et une autre culture, le film Le secret du Tibet est imprégné du même esprit qui était alors l’ambiance de l’Allemagne nazie : l’évocation de la guerre et des champs de cadavres. Himmler, qui aurait d’abord préféré montrer le film sur le Tibet après une guerre gagnée, hésita jusqu’en 1942 à autoriser sa diffusion publique. Mais ensuite il y vit un moyen puissant d’accroître et de réchauffer l’enthousiasme guerrier des Allemands. Des « directives pour la propagande » accompagnèrent les représentations de l’œuvre d’art, qui reçut les trois distinctions les plus élevées que l’Etat national-socialiste devait décerner pour des films : « précieux pour la politique de l’Etat, précieux artistiquement et précieux culturellement ». Les premières eurent lieu dans les « différentes capitales de région [....] en étroite relation avec les services SS ». Schäfer lui-même fut présent à Berlin, Hambourg, Dresde, Halle, Weimar, Francfort sur le Main, Düsseldorf, Cologne, Heidelberg, Strasbourg, Stuttgart, Augsbourg, Salzbourg, Linz, Vienne, Klagenfurt, Innsbruck.

Dans plus de 400 organes de publication, le film fut commenté dans des articles qui étaient presque tous rédigés avec l’accord préalable des services de propagande et ensuite distribués aux organes de presse. La plupart des titres des articles portaient un sous-titre énigmatique. Par exemple : « Nous chevauchons dans la ville interdite du Dalaï-lama » ; « Dans l’ombre du château des dieux » ; « Le secret du Tibet dévoilé » ; « Avec la caméra dans le château des dieux » ; « Laaloo – les dieux le veulent » ; « Le château d’un roi-dieu » ; « Le roi-dieu nous reçoit » ; « La brillante danse de guerre des dieux » ; « Sous l’emprise des démons » ; « Regard dans l’inconnu ». Au milieu de la seconde guerre l’Allemagne tomba dans une « folie du Tibet ». C’est seulement à la fin des années 90 que deux films sur le XIVe Dalaï-lama (Kundun et Sept ans au Tibet) éveillèrent un intérêt aussi grand.

Le film Le secret du Tibet était plus qu’un documentaire culturel, il devait être une épopée pour les « hommes complets » qui faisaient leur service dans l’« Ordre Noir » de Himmler : « Par l’esprit pionnier et le besoin d’action de la jeune communauté SS, cette expédition a été préparée et réalisée dans la réalité par une poignée d’hommes avec peu de dépenses et seulement avec les moyens nécessaires », écrivit la revue Der Freiheitskampf. Schäfer et ses collègues chercheurs furent présentés comme des « modèles » dont chaque SS et chaque Hitlerjugend « normal » pouvait s’inspirer : aimant l’aventure, têtes brûlées, cyniques, nécrophiles, fanatiques, racistes, arrogants, ambitieux à l’extrême, disciplinés et serviles. Que ces qualités aient été associées à des compétences scientifiques n’était pas une contradiction mais plutôt une autre caractéristique de la typologie SS pour les grades les plus élevés.

Le film soulève la question de ce qui relève de la propagande nazie et des présentations authentiques. Après tout, le spectateur perçoit ici des images mouvementées, qui parlent et qui furent confirmées par de nombreux rapports de voyageurs occidentaux au Tibet, même quand ceux-ci n’étaient pas des nazis. Ainsi le film nazi sera-t-il souvent présenté sans esprit critique comme un document précieux, anthropologique et historique. Par exemple, dans une annonce de l’ORF au « Festival du film bouddhiste » à Vienne en 2002 : « Dimanche soir sera présentée une rareté cinématographique : ‘Le secret du Tibet’ est un documentaire de l’UFA de l’année 1939 sur une expédition allemande au Tibet ».

Quand l’embarrassante « connexion Nazis-Tibet » fut proposée à la discussion publique, on parla immédiatement dans ces milieux de « projections nazies » sur la culture tibétaine. La plus aberrante de ce genre de présentations vint d’un certain Tom Mustroph, qui affirma dans un article sur le festival du film « BuddhaVision 2000 » que Himmler avait réinterprété chrétiennement les rituels tibétains. Là, on peut lire : « Des escouades de jésuites se mirent au travail et devinrent des spécialistes d’horribles pratiques pour leurs propres intérêts jésuitiques, pour réinterpréter des rituels tibétains comme étant d’origine chrétienne. Un qui crut jusqu’à la fin dur comme fer à cette histoire, était d’ailleurs Heinrich Himmler. En 1938, le premier des SS envoya une expédition en haute montagne. Une équipe de tournage de l’UFA y participa. Le produit, le documentaire de 90 minutes ‘Le secret du Tibet’, est l’une des contributions les plus intéressantes du festival. » (BuddhaVision 2000)

Traduction: Franz Destrebecq

Aujourd'hui, on veut ignorer cette parenté du tibet et de l'idéologie nazie. L'histoire de l'URSS recomùmence: on a d'abord refusé de croire ceux qui dénonçaient el goulag, le régime.Il a fallu vingt ans pour que la vérité soit répandue. Sur l'ancien Tibet, ce sera peut-être plus difficile. L'ambiguïté (pour en pas dire plusde Thutpen Gyatso, le dalaï lama de l'époque est passionnante! Traducteur de Meine Kampf en Tibétain, il envoya des messges d'amitié et d'admiration à Hitler!

Voir sur le net! C'est parfois très surprenant. Et, si l'on y réfléchit bien, tout à fait dans l'ordre des choses.
Si, par un hasard heureux, on arrivait à libérer le Tibet de l'oppression chinoise abjecte, que se passrait-il au cas où le Dalaï LAma serait remis au pouvoir (en fait pas grand chose: l'Amérique veille!!!! Elel obligerait à une démocratie apparente)

Posté par ruru à 05:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

gabuzomeu

L'autre n'est pas clair en deça de soi. A l'intérieur non plus!

A l'intérieur? Comme les huîtres et les coquillages?

Posté par ruru à 03:30 - bonjour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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