orlando de rudder

Blog d'orlando de Rudder, intellectuel arrogant et prétentieux

04 octobre 2005

Cent Septante Cinq!

LA Belgique a 175 ans aujourd'hui!!!! Ce pays, imitation moins orientale de la Syldavie, est toujours là. Avec ses souvenirs... Avec sa folie, son lyrisme! Malgré ses problèmes, malgré tout, Anvers et contre tout... Avec ses poètes, ses musiciens... Rodenbach, dans Bruges, Jean Rey, Ghelderode, le cher Verrhegen, les folies du doudou montois, des Gilles, l'hergémonie passée de la BD, Eulenspiegel, Verhaeren, d'Hugo Klaus à Stefan HErtmans... Il y a là quelque chose et non rien...
Ca ne devrait pas être, une Belgique! Ca passe son temps à guerroyer wallon-flamand, c'est une création purement artificielle... Et pourtant...

Elle demeure.Je dirai même plus: elle demeure. Elle nous semble à la fois étrange et familière, elle est proche... nous l'aimons de confiance, tanquillement repus de fricadelles un peu... graves, ee waterzooï parfois morne plat, de pistolets désamorcés, de maatjes et de maquée, du sans façon, du vrai,et du sirop de Liège, de la foncée Piedboeuf, des biscuits Destooper et de Chimay catho...

Et des floppées de ministes, qu'on sait plus qui est qui. Et un roi. C'est pour cela que mes ancêtres ont quitté Bruges, pour ne pas vivre dans un Royaume! N'empêche... La Belgique est là, inévitable... on ne saurait s'en passer.

En cent-septante ans, elle a mis des bouchées doubles. Elle vit. ET l'on dit toujours qu'on va la partir, la partager... mais non... ET le Cabaret Vert, Charleroi? Et Ostende? Et Liège?

Et les frites impensables à la station Kalevoet? ET le rêve d'Alphonse Allais "si j'étais riche, je pisserais touot le temps" réalisé par le Manneken-Pis? Et tous ces souvenirs en dérive dans Bruxelles, Le Rouge et Vert, le Falstaff, le Cirios et les dames mûres sirotant des half-and-half sur le coup de sept heures? ET la gueuze, chez Cantillon?

Bah! Demeure, Jeune Belgique: tu nous est nécessaire!

Posté par ruru à 20:42 - Belgique - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Souvenirs d'écriture 3

Souvenirs d’écriture 3:Autres farces.
Jadis, les tables d’écoles montraient un plateau percé d’un trou pour permettre d’y installer l’encrier de faience blanche ou, parfois, de verre épais. Un élève se chargeait de remplir ce réceptacle. Il en profitait parfois pour le saboter, à la table d’un ennemi, en y noyant des morceaux de buvard. Ce qui donnait une écriture boueuse et produisait des taches.
Les plus dissipés apportaient en classe un fragment de carbure de calcium, dérobé en salle de chimie. Noyée dans l’encre, au contact de l’humidité, cettre substance crayeuse produit de l’acétylène. On s’en servait autrefois à des fins d’éclairage : nul doute que cette farce que nous oserons dire calamiteuse date d’un temps durant lequel les écoles ne connaissaient pas l’électricité ; tandis que le carbure de calcium se trouvait facilement.
L’odeur alliacée de l’acétylène est si forte qu’il faut évacuer la salle.
Plus poétique, mais cruel pour les fleurs est l’immersion d’une tige de narcisse, au début du printemps, dans l’encrier. Au fil du temps, par capillarité, la fleur se nourrit de l’encre et noircit, ou se violace progressivement.
L’école mixte offre bien des avantages.Particulièrement pour celui qui se trouve, en classe, placé derrière une fille à la coiffure nattée. Si l’on s’y prend bien, on peut tremper l’extrémité d’une tresse dans l’encrier. Ensuite, on peut tenter d’écrire ou de dessiner avec la petite touffe, en forme de pinceau qui termine la natte. En général, on n’en a guère le temps.La victime se retourne vivement, la natte cingle alors l’air et asperge tout l’alentour que l’encre tache irrévocablement.


Posté par ruru à 18:42 - nostalgie énergique en vrac - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Faubourg Antoine

Faubourg Antoine (Paris, Bastille)
Mon faubourg eut des dents qu’il ne montre plus guère, des varlopes acérées pour des copeaux de peaux, des sciures de chair vive, du génie sur un pied, un auguste adossé, un sapeur altéré…
Mon faubourg posséda des ramponneaux d’acier, marteaux à minces pannes, à têtes magnétiques pour coller les semences, des bandes à anglaiser, des raisons véritables que l’on agglutinait à la colle de poisson. Elephant illusoire faits de plâtre dissout, vieilles barricades qu’on ne reverra plus, vrai sapeur et Santerre brassant en riboulant le roulement amer d’une mort en chamade.
On ne goûte plus souvent le reginglard acide de l’ancienne rue de Lappe et le jambon cassant comme du verre à vitres, translucide aussi bien pour voir rouge à travers…
On ne l’entonne plus, la bière du brasseur de la rue de Reuilly qui fit tambouriner au moment le plus fort. On ne saura jamais ce qui eût été dit.
Poussières de galoches, plus de trôle ni Gavroche. Mon faubourg se souvient. On y défile encore muni de banderoles. On y mourait si bien pour quelques francs par jour.
Mon faubourg s’y retrouve, vive Antoine et juillet, et dis-moi, Nicolas, est elle toujours morte la saison sang de bœuf des amours de jadis ?
Mon faubourg s’abandonne, acajou, violette, bois de rose marqueté. Le vernis s’en tamponne ; le voici trop popote.


Posté par ruru à 18:40 - Pwhaizy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Fable zen

Un vieux moine bouddhiste,
Aussi sage que chenu,
A converti un ype qui pasait dans la rue,
Aux grands charmes du zen!
"Voilà lui a t-il dit,
(prolepses narrative)
Y a le yin et le yang
Qui font des trucs à deux,
C'est parfois le contraire,
C'est souvent pire que mieux
Force maditative,
Et froufrou du destin
Na causent que de ça,
Qu'en pensez-vous mon brave? "
Eh bien répondit l'autre,
N'y t-il pas autre chose?"
"Si fait lui dit le moine,
Car tout ça se résout,
Dans el grand machintruc,
C'est rigolo comme tout"!
Alors le brave passant,
En fut tout ébahi!
Depuis il pense zen,
Yin yang et compagnie!
LE vieux moine chenu
En est réconforté
Il murmura à l'envi:
"Encore un Tao de casé"!


Posté par ruru à 05:03 - Hi! hi! - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1